mercredi 17 février 2010

Tennis et aviron petipatapon....

Non.
Je vous jure, non, non!
Pour ceux qui se diraient que Sarah ce serait enfin mise au sport, je vous rassure tout de suite: ce n'est pas le cas! Non, non, la passion sans borne des Australiens pour toutes les activités sportives existantes n'aura pas eu raison de ma volonté sans faille... je résiste!
Enfin combien de temps? Je ne sais pas. Parce que je vous avoue qu'un petit tour d'aviron sur la Yarra River en fin de journée au soleil, çà me tente bien!
J'avais déjà remarqué à Brisbane que la rivière était chargée en petits canots. Mais que dire de Melbourne? Même les bâteaux mouches ont déclaré forfait, faute de place, c'est dire. Ils feraient bien de mettre çà en place à Paris, çà diminuerait peut être un peu la pollution?
Alors c'est un peu irréel quand on se ballade dans le centre ville, et qu'on entend des instructions de coach résonner dans les rues.
Que je vous explique, enfin pour moi c'est nouveau, donc mes lecteurs sportifs ne vous moquez pas. Au mieux certains se coucheront moins bêtes ce soir.
Donc je disais, les coachs. Et ben ils suivent les bâteaux à vélo le long de la rivière, avec un mégaphone accroché à la taille. Donc plus il y a de bateaux, plus les pistes cyclades sont bondées. Moi j'aime bien et je ne me lasse pas de regarder leurs allers et venues, en dégustant ma glace, biensûr!


Janvier à Melbourne, c'est l'Open de Tennis d'Australie. Les vitrines exhibent balles de tennis, les gâteaux sont à l'effigie de Federer, et Federation Square exhibe un écran géant avec match de tennis en direct. Cà tombe bien parce que le télévision à la maison à rendu l'âme, au grand malheur de mon collocataire Adam, sportif de canapé (vous savez, ceux qui ne ratent aucune compétitions, mais qui rechignent à sortir prendre l'air?).
Donc il n'est pas rare qu'on aille regarder un petit match, allongés, tout en soignant notre bronzage. Mais ce ne sera pas tout. J'arrive, facilement, à convaincre Adam de troquer son canapé contre une place direct au stade. Alors on se fait une journée tennis tous les trois avec ma petite copine taiwanaise Hyu Cho. Je suis contente d'avoir réussit à y aller. Il faut dire qu'en 6 ans à Paris, je n'ai jamais pu me libérer pour aller à Rolland Garros, la honte.


Bon il ne reste qu'un français en compétition, mais tout le monde l'adore ici : Tsonga. Il a un succès pas possible en Australie. Bon, il perdra en demi finale minablement contre The King Federer.
Mais il nous a quand même fait vibrer en quart de finale contre Djolovich. Ici les matches de fin de série se jouent en soirée. Donc les pubs sont pleins et il n'est pas rare que les matches durent jusqu'à minuit. Mais si l'ambiance est bonne, les australiens n'hésitent pas à rester jusqu'au bout, même si cela signifie gueule de bois au travail le lendemain!



Même si je ne me suis pas mise au sport, je n'arrête pas quand même. Je jongle entre mes trois jobs puisque la boulangerie et le restaurant ont rouvert. Donc çà court dur, mais bon c'est pour la bonne cause! Money, money! Je sympathise avec mes collègues et on fêtera bien mon départ avec chacune des trois équipes.

Je ne sais pas si je suis prête aux sessions randonnées que m'a réservé Cécile en Nouvelle Zélande, mais c'est promis je vais m'accrocher. Et puis je suis si ravie de quitter le bitume pour les paysages à couper le souffle de ce pays du bout du monde. Promis je vous raconterai!

lundi 25 janvier 2010

Trois à la maison


Cela fera bientôt un mois que j'ai emmenagé avec Lauren et Adam, et pourtant on a l'impression de se connaître depuis bien plus longtemps que çà.
On a tout de suite "accroché" avec Lauren dès son retour d'Adélaîde.Petite brunette débordante d'énergie, chanteuse de jazz talentueuse et ... fan désespérante de Batman!
A son arrivée à Melbourne sa priorité est de trouver un job alimentaire et biensûr enchaîner les auditions. Ah, c'est dur la vie d'artiste!

La maisonée est donc au complet, et on découvre ensemble notre petit quartier. Lygon street est réputée à Melbourne comme la rue italienne. Les restaurants, pâtisseries, glaciers italiens se succèdent.Le cimetière en face de nous est au trois quart italien et on a notre boutique de pâtes fraîches, et même la boutique des équipes italiennes de football!Mais Lygon street est aussi connue pour deux bonnes adresses :
- Le cinéma Nova. Ce petit cinoche offre des séances à 6 dollars le lundi, im-bat-table sur le marché! Quand on sait que le prix de la séance en Australie frôle parfois les 17 dollars...En plus la programmation est de qualité. Bref, le paradis pour les trois cinévores que nous sommes avec Lauren et Adam.
- Brunetti: gigantesque pâtisserie italienne, restaurant et glacier. On a l'embarras du choix de gâteaux... et du service ! Il y a presqu'autant de serveurs que de clients!La dernière fois qu'on y est allées ensemble, Lauren a failli s'étouffer dans sa pizza pendant que je savourais ma gelati. Il faut dire qu'il y avait un acteur australien célèbre assis juste à côté de moi. Biensûr je ne l'avais pas remarqué en bonne francaise inculte que je suis.Vince Colosimo est connu pour son rôle de mafieux impliqué dans la guerre des gangs qui a fait rage à Melbourne jusqu'il y a quelques années.La série tv (The Underbelly) a un succès incroyable dans tout le pays.Oui oui, on dirait pas comme çà, mais même en Australie il y a de la violence!

Les premiers jours de janvier se succèdent et mes recherches d'emplois ne sont pas bien positives. Et pour cause, tout est fermé!Donc je limite les frais au maximum et je paye mon loyer en travaillant une fois par semaine sur les mariages.Les Batifolles et la boulangerie rouvrent à la mi-janvier, je m'arrangerai finalement avec Stéphane et Nans pour faire le maximum d'heures possible jusqu'à mon départ en Nouvelle Zélande début février.



Alors en attendant de retravailler je tourne un peu en rond en ville. A tel point qu'avec Lauren on décide un dimanche de s'échapper pour aller à Torquay une station balnéaire à 1h30 de route de Melbourne.Une fois arrivées à Torquay Lauren me demande si j'ai déjà vu les "Twelve Apostles" (les douze apôtres)? Et bien non en fait. Ni une ni deux nous voilà parties à l'aventure sur la Great Ocean Road.
Cette route est réputée pour longer toute la côte pendant plusieurs centaines de kilomètres. On en fera que 200, mais sur une route sillonnante comme celle de la côte sauvage à Quiberon, çà fait long.Limite malade à la fin moi! Oh, on s'est accordées une pause baignade à la page quand même.Nous voilà arrivées au Douze Apôtre au coucher du soleil. Enfin douze. Il n'en reste plus que neuf en fait. On a donné ce nom à douze immenses îlots rocheux. Mais la mer en a détruit trois déjà. Le panorama est à couper le souffle, grandiose. Cela valait bien le déplacement.
Avant de prendre la route, on se fait un dîner en terrasse à Port Philipp. On déguste notre "Fish and Chips" en regardant les gosses sauter à l'eau de la jetée du petit port pendant que les minettes les regardent en dégustant leur glace. Hmmm, çà sent bon les vacances!
Quatre heures de routes plus tard, et après avoir épuisé mon répertoire musical et cassé ma voix à chanter à tue- tête pour que Lauren ne s'endorme pas au volant, nous voilà de retour à la maison. Il est 1h du matin, on est errintée, brûlées par le soleil, salées par la plage, le bonheur quoi!Exactement ce qu'il fallait pour recharger mes batteries.



Le lundi suivant je retrouve mes copines de l'auberge pour un petit-déjeuner au restaurant "Lentill as Anything". Ce restaurant végétarien était l'adresse préférées de tous les résidents de l'auberge.Il est installé dans un ancien couvent, bordé par une mini ferme pour les gamins de la ville, et un imense parc qui longe la rivière.Mais ce n'est pas uniquement le cadre idéal qui plaît. Dans ce restaurant "communautaire" les clients payent exactement ce qu'ils peuvent ou veulent payer. Le restaurant "vit" donc des "donations" des clients. Le petit déjeuner est à la carte (les pancakes sont sensationnels), le déjeuner et le dîner sont des buffets thématiques. ALors on a mangé indien, africain, etc.Quand on sait que certains voyageurs qui vivaient à l'hôtel ne se nourrissaient que de nouilles chinoises depuis 3 mois, vous comprendrez pourquoi nombreux sont ceux qui allaient au "couvent" tous les soirs! On est contente de se retrouver avec Miriam, Hu Cho et Brehje. Miriam rentre à Berlin dans une semaine et elle va vite me manquer. Mais je suis invitée à lui rendre visite dès mon retour en France...

Bon il faut que je vous laisse, et oui, c'est lundi : ciné et laverie! Pour le prochain épisode : ma journée à l'Open de tennis de Melbourne. A suivre!

mardi 5 janvier 2010

Back to work ! (Au boulot!)

Je me suis rapidement rendu compte qu'il serait difficile pour moi de trouver une place dans un des hôtels de luxe de Melbourne. Ils préfèrent embaucher des résidents plutôt que des voyageurs comme moi qui ont le visa Vacances-travail.

Donc je me suis tournée vers les petits boulots, parfait aussi pour éviter quelques temps les responsabilités et profiter librement de Melbourne. Mais là encore il est très rare de trouver un job à temps plein. Ici, nombreuses sont les personnes qui cumulent plusieurs emplois. Me voilà donc avec trois "casquettes" ...


Restaurant "Aux Batifolles" : obligation de parler français!

Dans mes recherches j'ai privilégié les restaurants français, ce sont les mieux placés pour évaluer mon CV. Et oui, personne ici n'a entendu parler du Concorde La Fayette, ou du Bristol!

Ce restaurant a l'avantage d'être situé pas trop loin de l'auberge. Stéphane a ouvert le restaurant il y a 6 ans et bénéficie d'une très bonne réputation sur Melbourne. Le concept : un restaurant français a-bor-dable. Et oui, la gastronomie française est plutôt onéreuse en Australie.
Pour ajouter à l'ambiance, tous les serveurs doivent parler en français. Jacques Brel et Charles Trenet complètent le tableau...
Je sympathise aussitôt avec les deux seuls australiens de l'équipe : Erin, une serveuse totalement bilingue, et Jason, le Chef. Je ne déroge pas à ma règle d'or : "toujours être dans les petits papiers du Chef, c'est lui qui te nourrit!".
Je fais rapidement partie de la petite famille "Batifolles", et ce n'est pas rare que l'on traine tous ensemble le soir au restaurant en dégustant le dîner préparé par Jason et papotant avec Aurélien, le frêre de Stephane. Il habite au dessus des Batifolles et est en charge de leur 2e restaurant.
Malheureusement les Batifolles ferme pour presqu'un mois en décembre, il me faut donc trouver une autre source de revenus....

Choukette -Nans, le roi de la baguette ... et mon apprentissage du café!

Stéphane est associé avec Nans le boulanger de Choukette. Me voilà donc accueillie dans une autre mini-famille.
La boulangerie a ouvert il y a un an sur Sydney road à Brunswick, une rue qui devient très populaire, ils ont même fait un site internet pour en faire la promotion! Toujours est-il que les australiens n'ont pas résisté aux baguettes fraîches, aux croissants, brioches, millefeuilles et autres viennoiseries et pâtisseries concoctés par Nans. Moi non plus d'ailleurs! Quel bonheur de retrouver le goût et l'odeur de toutes ces "lichouseries" qui mine de rien commencaient à me manquer. Et oui, on est gourmande ou on ne l'est pas!

La boulangerie fait aussi café et propose de la restauration rapide le midi. Il faut donc rapidement que je me familiarise avec tous ces cafés... et ils sont nombreux. D'ailleurs ici, la plupart des employeurs des cafés vous imposent le "Barista certificate". A savoir, suivre une formation (payante biensûr) pour apprendre à faire les cafés.

Rapidement je vous fais la liste :
Le short black : facile, nous on l'appelle l'expresso
Le long black : là encore facile, nous on l'appelle l'alongé
Le plus dur, c'est quand on ajoute le lait, et la plupart des australiens boivent ces types de café:
Le latte, le flat white, le capuccino, le Macchiato, le Chai latte. Selon les différents cafés, le lait doit être plus ou moins mousseux, et là çà commence à se corser. Il m'a bien fallut une semaine pour parvenir à faire "mousser" le lait de la bonne manière! Les pros arrivent même à faire des dessins dans la mousse. Là j'abandonne.
Mais ce serait encore trop simple si on s'arrêtait là. Parce qu'après vous avez différents laits : le normal, le skimmed milk (écrémé), le soy milk (soja)...
Et selon chaque client vous avez d'autres questions à ajouter :
-"sur place ou à emporter" ?
-"Combien de sucres"?
-" Warm or hot?" (traduction : chaud ou TRES chaud?")
- "Grand ou petit?"
-" Strong or wick?" (traduction : fort ou ... faible?").
Alors quand on vous répond : "un Large strong Soy Latte avec 2 sucres, warm mais pas hot à emporter.... "Il y a de quoi en perdre la boule!

Je ne vous parle pas non plus du casse tête de la caisse enregistreuse : "euh, c'est où la touche pour les chouquettes ?", ni le stress des milk shake et des glaces. Moi je dis "respect"!
Après deux jours Nans m'a demandé si cela me plaisait, je lui répondu que j'adorais jouer "à la marchande". Bizzarement çà n'a pas eu l'air de le rassurer.

Malheureusement, Choukette ferme également ses portes pour trois semaines pour les fêtes de Noël, c'est donc reparti pour la distribution de CV. Mais avent mon départ, Nans m'a donné les restes de gâteaux, mes copines de l'auberge ont donc pu savourer la fameuse bûche de Noël à la crème au beurre, hmmm!

Mariages au Lincoln on Toorak Center

Alors que je travaillais Aux Batifolles ou même à Choukette j'ai réussi à faire des extras dans un centre événementiel, spécialisé dans les fêtes Etudiantes "de luxe" et les mariages.
Alors j'y fais des extras une à deux fois par semaine, le week end. Cà a l'avantage d'être très bien payé.

Rebecca, la responsable des banquets et de l'organisation des événements a eu quelques scrupules à m'embaucher en tant que serveuse au regard de mon CV. Et oui, concrètement, son boulot est exactement celui que j'avais à Paris. Mais comme elle n'avait rien d'autre à me proposer et que je lui ai expliqué que ce poste était uniquement alimentaire pour moi ... me voilà intégrée à l'équipe.

La majorité des serveurs sont des étudiants, australiens ou étrangers. L'année universitaire étant terminée, on ne fait plus que des mariages : Macédoniens, Indiens, Italiens... au final ils sont tous fait sur le même schéma:

- Accueil des invités et service de l'apéritif
- Installation des invités à leurs tables
- Arrivée des parents des mariés, des témoins et finalement du jeune couple.
- Les mariés coupent le gâteaux et trinquent au champagne ("hip hip hourra!"), avant d'aller s'asseoir à la table d'honneur : une table longiline sur estrade, qui fait face au reste de la salle.
- On envoit les entrées
- Discours des parents
- Danse des mariés
- On envoit le plat principal
- Discours des témoins
- Petite pause danse
- On envoit le dessert, et on propose quelques parts du gâteau des mariés + porto et baileys
- Retour à la piste de danse.
- La mariée lance son bouquet pour ces demoiselles
-Les mariés disent aurevoir à tout le monde et quittent la salle
- 5 minutes plus tard, la musique est coupée.

Emballé, c'est pesé, tout le monde rentre chez soi pour minuit, voir 1h du matin au plus tard.
Pas de place pour l'improvisation, voire l'originalité!
L'avantage c'est que l'ensemble du personnel profite des restes... alors encore une fois, je me régale! C'est l'avantage de travailler dans la restauration!
Voilà, voilà. Au jour d'ajourd'hui je suis une fois de plus sans emploi, même si j'ai un mariage ce week end, il faut que je démarche. Mais j'ai appris à ne pas trop m'en faire, et essayer de profiter un peu de Melbourne, à moindre frais biensûr.

Prochain article : quelques photos de ma maisonette...

dimanche 3 janvier 2010

Bonne Année 2010 à tous!



Plates excuses. J'ai sérieusement délaissé mes fourmis et ma mouette ces dernières semaines, mais avec la nouvelle année, les belles résolutions sont de retour!

J'ai quitté l'auberge de Collingwood depuis une semaine maintenant. Il était temps que je prenne un peu de distance après un mois passé avec tout ce petit monde, claustrophobie oblige! Mais il est vrai aussi que c'était bien de ne pas se sentir seul pour Noël. Chacun de nous était loin de sa famille, alors on s'est serré les coudes, même si on a pas vraiment senti l'esprit de Noël... Et oui, avec des journées à 38°C, on était parfois bien jaloux de la neige qui reignait en Europe.


Paul, le propriétaire de l'auberge s'est chargé de nous faire oublier tout çà en nous offrant un barbecue "géant" dans notre minuscule cour intérieure. Et à nous d'organiser un "Secret Santa", chacun étant chargé de faire un cadeau surprise à un des résidents.

Et puis merci à papy et mamie pour votre paquet-gastronome, même si l'andouille de Vire et les marrons glacés n'auront pas passé le contrôle de la douane! Les madeleines, quatre-quart et autres gâteries ont été partagées et dégustées avec mes copines de chambres.
J'ai même réussi à ouvrir mes cadeaux en direct-web camera avec la famille Martin-Dayou grâce à skype. La technologie, c'est quand même le pied!
Ce serait bien si la poste australienne et francaise fonctionnaient aussi bien. Il semble que le paquet que j'avais envoyé pour Quiberon 15 jours en avance se ballade dans l'espace-postal... peut-être arrivera-t-il un jour à destination, qui sait?

J'ai donc emmenagé dans une petite maison depuis le 27 décembre, à Carlton, pas bien loin de Collingwood. Il faut dire que j'avais repéré le coin auparavant: je suis à 10 minutes du cinéma le moins cher de Melbourne, j'ai une boulangerie francaise (!) au coin de la rue, et une station de tramway en face, qui me conduit directement aux plages de St Kilda. Par-fait!
En plus la chambre est disponible uniquement pour un mois et demi, c'est à dire jusqu'à mon décollage pour Christchurch.

Je suis en collocation avec deux Australiens de 23 ans, originaires de South Australia, Adam et Lauren. Ils viennent tous les deux de terminer leurs études d'acteur à Adélaïde. Ils commencent "leur vie d'artiste" à Melbourne : "The place to be"... Autant dire qu'ils ne connaissent pas grand monde encore, et sont plein d'espoir, et d'appréhension aussi. Première audition pour une pièce de Shakespeare dans 7 jours. Ensuite répétition pour une audition d'un grand classique connu de tous, j'ai nommé "Marry Poppins"! Je sens que je vais m'amuser à la maison.

Je n'ai pas encore fait la connaissance de Lauren car elle était dans sa famille pour les fêtes et elle revient mardi. Mais en attendant je cohabite avec Adam, entre match de cricket et discussions devant des vieux films de James Dean et Marlon Brando.

La maison est le parfait exemple des maisons construites lors de la ruée vers l'or sur Melbourne. De plain-pied, pas d'étage, elle est tout en profondeur avec au bout une petite cour-jardinet. Ma chambre n'était pas meublée, mais après deux jours de recherche j'ai réussi à acheter un lit+matelas pour ... 25 dollars dans un Opp-Shop (magasin d'occasion). Ikea peut aller se rhabiller !
Pour le reste du mobilier, j'ai fouiné dans la maison et trouvé une étagère et une commode. Voilà, mon petit nid est fait pour les quelques semaines à venir!
Et puis quel bonheur de pouvoir à nouveau cuisiner. Et oui, pas de four à l'auberge. Deux casseroles et une poêle pour 45 personnes, c'est un peu juste! Là c'est le top-luxe, on a même deux micro-ondes (!), alors je me ratrappe, aux bonheur des papilles d'Adam.

Mon nouvel an aurait été parfait si je n'avais pas attendu le dernier jour de l'année pour tomber malade et me retrouver coincée au lit! Entre la fièvre et la chaleur qui régnait à l'extérieur, j'ai bien cru que je ne pourrais jamais admirer le feu d'artifice à Federation Square. C'était sans compter sur la météo capricieuse de Melbourne.
A 17h voici quelques nuages en approche, à 17h30, l'orage éclate, 17h35 le déluge commence. Il ne s'arrêtera pas avant les premières heures de 2010... Mais cela n'aura pas découragé les australiens, et la semi-fraicheur (il fait toujours 28°C malgré la pluie) m'aura aidé à sortir de la maison. Dehors tout le monde est trempé, même si habituellement chacun est prévoyant, rien n'annoncait la pluie, donc pas de parapluie. Mais les rues sont toujours aussi pleines, les gens aussi souriants.
Je retrouve ma copine Allemande Miriam en ville et on passera la dernière heure à danser au rythme d'un groupe de musique africaine. La pluie n'aura même pas annulé le feu d'artifice qui est tiré à cinq points différents de la ville. Soirée magique, encore un beau souvenir pour moi.

Et le travail me direz-vous?
Je vous réserve çà pour demain... pro-mis!

jeudi 10 décembre 2009

L'Auberge australienne

Non ce n'est pas l'Auberge espagnole, mais cela s'en rapproche beaucoup. Laissez-moi vous parler un peu de mon logement Melbournien depuis deux semaines déjà.On y trouve un Canadien, une demi douzaine d'Anglais, une Néo Zélandaise, une floppée d'Allemands, une Taïwanaise, deux Hollandais, deux Américains, une Australienne, une Suédoise, une Francaise (moi!), deux Italiens, trois Irlandais ...Un joli mélange dis donc.

Commençons par le début...
Nous sommes le 22 novembre, dernier jour du séjour d'Emilie. Nous venons de quitter notre hôte-couchsurfing des 3 derniers jours, j'ai nommé Mr Rob.
Il pleut des cordes depuis la veille au soir. Mais personne ne s'en plaint, l'Etat du Victoria subissant la sécheresse de plein fouet chaque année (47°C l'an dernier). Impossible de marcher sous cette saucée avec 22 kilos de sac sur le dos. On a donc pris l'option grand luxe... un taxi.Trempée jusqu'aux os, je lève les yeux en me demandant si le chauffeur ne s'est pas trompé.Non, non, on est bien à la bonne adresse, 137-139 Johnston street. La bâtisse victorienne grise ne manquerait pas de charme, si seulement elle ne tombait pas en ruine.

Le vol d'Emilie n'est pas avant 23h, il faut donc que l'on se débarrasse de son sac pour les prochaines 12 heures. On avait élaboré un stratagème pour le cacher dans l'auberge pour la journée. Enfin çà c'était avant de rencontrer Paul, le charismatique propriétaire du "Collingwood Accomodation Camp".
-"Qu'est-ce qu'elle fait ta copine dehors sous la pluie? Tu veux qu'elle se noie?"
-"euh..."
Ouvrant la porte et faisant signe à Emilie :
-"Rentre, on a pas idée de rester sous cette flotte, t'es pas bien ou quoi?"
En clair et avec sous-titrage c'est à peu près comme cela que çà s'est passé...
Paul doit avoir la cinquantaine, des cheveux poivre et sel mi longs, certainement hyppie assagi, mais avec des traces de ces folies passées (grosses poches sous les yeux, teint blafard et cigarette continuellement aux doigts).
Ici on ne te demande pas ton passeport à ton arrivée, on ne te donne pas de clé de chambre, toutes les portes restent ouvertes. Pas besoin non plus de payer à l'avance.
-"Tu me payes quand t'as de l'argent, au pire j'ai ton numéro de carte de crédit". D'accord...
- "Tu pars quand tu veux, si tu cherches du boulot, compte entre deux et trois semaines". A moi de hocher la tête.
-"OK, boss!".
Emilie laissera son sac toute la journée à l'auberge et on aura même le droit exceptionnellement de verouiller la porte pour rassurer ces demoiselles.

Voilà maintenant plus de 15 jours que je séjourne dans ce petit monde à part. Ici la majorité des résidents sont dans la même situation que moi: ils cherchent du travail pour rester sur Melbourne. Début ou fin de voyage en Australie, ou encore pause de mi-parcours pour améliorer les finances.
Il n'y a donc pas beaucoup d'arrivées... ou de départs. Certains sont là depuis plusieurs mois. Il faut dire que le "loyer" n'est pas trop élevé pour une auberge de jeunesse dans un coin sympa de Melbourne.
Nous sommes à Collingwood au Nord-Est de Melbourne. A côté se trouve Fitzroy, autre quartier à la mode. Smith street est la rue animée à 5 minutes de l'auberge. De part et d'autres s'alignent des cafés branchouilles, des boutiques de fripes, restos asiatiques, boutiques de créateurs et ... une douzaine de coiffeurs !La "faune" citadine a des airs de Paris-Bastille, voire même plutôt Berlin. C'est à qui aura le look le plus branché, la coupe de cheveux la plus décallée. Et au milieu de cela, des groupes de retraités du quartier en train de jouer aux cartes sur une terrasse, ou encore des aborigènes buvant leur bière sur le trottoir.Tout ce petit monde co-existe en harmonie, sans agressivité.
Nous sommes quatre filles à partager la chambre. Mes "collocs" s'appelent Brehje (Hollandaise), Miriam (Allemande) et Hu Cho (Taiwanaise). Je pense que notre chambre fait la superficie d'une chambre universitaire (10m2), deux lits superposés, un mini frigo, une mini tv, un mini poste de radio. Tout est mini... sauf l'alignement de crèmes, produits esthétiques et sèche cheveux... Oui, oui, vous êtes bien dans une chambre de filles!
En comparaison des autres chambres, la notre n'est pas trop mal, organisation-rangement oblige. Il ne nous a pas fallut longtemps pour réaliser que nous êtions certainement les quatres filles plus âgées de l'auberge. Paul a dû faire en sorte de nous mettre ensemble, j'imagine. A nous de nous auto-baptiser les "Old Goats" (les vieilles biques...).Mais cela ne nous empêche pas de bien nous intégrer avec les petits jeunots de la maisonée (19-25 ans, çà va quand même).
J'ai trouvé mon petit coin à l'auberge. On a une minuscule cour intérieure pavée avec balcon. Alors les matins ensoleillés je bois mon thé en écoutant nos trois guitaristes locaux s'entrainer sur des airs de Johnny Cash, Oasis, Radiohead. Non, pas de Brassens ici, le répertoire est exclusivement english!
Bizarement les deux premières semaines ont été un peu difficile moralement pour moi.
"Départ d'Emilie + Retour à la vie citadine + Recherche d'emploi." Vous mélangez tout çà et vous avez une "Sarah-qui-rumine".Mais depuis maintenant 3-4 jours, je fais des extras dans un petit restaurant francais pas loin de l'auberge, à North Fitzroy, "Aux Batifolles". L'équipe est sympa, et le patron veut absolument que je reste travailler avec lui. Seul hic, ils ferment pour un mois à Noël. Comme il possède aussi une boulangerie et un deuxième restaurant, il va essayer de me donner un peu de boulot par ci par là. Donc on verra. Sinon je me fais des extras pour des mariages dans un "Functions Centre". Ils sont spécialisés dans les fêtes universiaires, mais l'année scolaire est terminée, donc jusqu'à Noël on passe aux mariages, juifs et grecs essentiellement. Je vais bien m'amuser quoi!

La ville de Melbourne me plaît bien et chaque jour j'essaye de voir quelque chose de nouveau, et d'absolument fuir la routine.Un travail de rude haleine. Et puis Noël approche, même si j'ai du mal à y croire: J-15! Savourez le foie gras et le saumon en pensant à moi!!