lundi 25 janvier 2010

Trois à la maison


Cela fera bientôt un mois que j'ai emmenagé avec Lauren et Adam, et pourtant on a l'impression de se connaître depuis bien plus longtemps que çà.
On a tout de suite "accroché" avec Lauren dès son retour d'Adélaîde.Petite brunette débordante d'énergie, chanteuse de jazz talentueuse et ... fan désespérante de Batman!
A son arrivée à Melbourne sa priorité est de trouver un job alimentaire et biensûr enchaîner les auditions. Ah, c'est dur la vie d'artiste!

La maisonée est donc au complet, et on découvre ensemble notre petit quartier. Lygon street est réputée à Melbourne comme la rue italienne. Les restaurants, pâtisseries, glaciers italiens se succèdent.Le cimetière en face de nous est au trois quart italien et on a notre boutique de pâtes fraîches, et même la boutique des équipes italiennes de football!Mais Lygon street est aussi connue pour deux bonnes adresses :
- Le cinéma Nova. Ce petit cinoche offre des séances à 6 dollars le lundi, im-bat-table sur le marché! Quand on sait que le prix de la séance en Australie frôle parfois les 17 dollars...En plus la programmation est de qualité. Bref, le paradis pour les trois cinévores que nous sommes avec Lauren et Adam.
- Brunetti: gigantesque pâtisserie italienne, restaurant et glacier. On a l'embarras du choix de gâteaux... et du service ! Il y a presqu'autant de serveurs que de clients!La dernière fois qu'on y est allées ensemble, Lauren a failli s'étouffer dans sa pizza pendant que je savourais ma gelati. Il faut dire qu'il y avait un acteur australien célèbre assis juste à côté de moi. Biensûr je ne l'avais pas remarqué en bonne francaise inculte que je suis.Vince Colosimo est connu pour son rôle de mafieux impliqué dans la guerre des gangs qui a fait rage à Melbourne jusqu'il y a quelques années.La série tv (The Underbelly) a un succès incroyable dans tout le pays.Oui oui, on dirait pas comme çà, mais même en Australie il y a de la violence!

Les premiers jours de janvier se succèdent et mes recherches d'emplois ne sont pas bien positives. Et pour cause, tout est fermé!Donc je limite les frais au maximum et je paye mon loyer en travaillant une fois par semaine sur les mariages.Les Batifolles et la boulangerie rouvrent à la mi-janvier, je m'arrangerai finalement avec Stéphane et Nans pour faire le maximum d'heures possible jusqu'à mon départ en Nouvelle Zélande début février.



Alors en attendant de retravailler je tourne un peu en rond en ville. A tel point qu'avec Lauren on décide un dimanche de s'échapper pour aller à Torquay une station balnéaire à 1h30 de route de Melbourne.Une fois arrivées à Torquay Lauren me demande si j'ai déjà vu les "Twelve Apostles" (les douze apôtres)? Et bien non en fait. Ni une ni deux nous voilà parties à l'aventure sur la Great Ocean Road.
Cette route est réputée pour longer toute la côte pendant plusieurs centaines de kilomètres. On en fera que 200, mais sur une route sillonnante comme celle de la côte sauvage à Quiberon, çà fait long.Limite malade à la fin moi! Oh, on s'est accordées une pause baignade à la page quand même.Nous voilà arrivées au Douze Apôtre au coucher du soleil. Enfin douze. Il n'en reste plus que neuf en fait. On a donné ce nom à douze immenses îlots rocheux. Mais la mer en a détruit trois déjà. Le panorama est à couper le souffle, grandiose. Cela valait bien le déplacement.
Avant de prendre la route, on se fait un dîner en terrasse à Port Philipp. On déguste notre "Fish and Chips" en regardant les gosses sauter à l'eau de la jetée du petit port pendant que les minettes les regardent en dégustant leur glace. Hmmm, çà sent bon les vacances!
Quatre heures de routes plus tard, et après avoir épuisé mon répertoire musical et cassé ma voix à chanter à tue- tête pour que Lauren ne s'endorme pas au volant, nous voilà de retour à la maison. Il est 1h du matin, on est errintée, brûlées par le soleil, salées par la plage, le bonheur quoi!Exactement ce qu'il fallait pour recharger mes batteries.



Le lundi suivant je retrouve mes copines de l'auberge pour un petit-déjeuner au restaurant "Lentill as Anything". Ce restaurant végétarien était l'adresse préférées de tous les résidents de l'auberge.Il est installé dans un ancien couvent, bordé par une mini ferme pour les gamins de la ville, et un imense parc qui longe la rivière.Mais ce n'est pas uniquement le cadre idéal qui plaît. Dans ce restaurant "communautaire" les clients payent exactement ce qu'ils peuvent ou veulent payer. Le restaurant "vit" donc des "donations" des clients. Le petit déjeuner est à la carte (les pancakes sont sensationnels), le déjeuner et le dîner sont des buffets thématiques. ALors on a mangé indien, africain, etc.Quand on sait que certains voyageurs qui vivaient à l'hôtel ne se nourrissaient que de nouilles chinoises depuis 3 mois, vous comprendrez pourquoi nombreux sont ceux qui allaient au "couvent" tous les soirs! On est contente de se retrouver avec Miriam, Hu Cho et Brehje. Miriam rentre à Berlin dans une semaine et elle va vite me manquer. Mais je suis invitée à lui rendre visite dès mon retour en France...

Bon il faut que je vous laisse, et oui, c'est lundi : ciné et laverie! Pour le prochain épisode : ma journée à l'Open de tennis de Melbourne. A suivre!

mardi 5 janvier 2010

Back to work ! (Au boulot!)

Je me suis rapidement rendu compte qu'il serait difficile pour moi de trouver une place dans un des hôtels de luxe de Melbourne. Ils préfèrent embaucher des résidents plutôt que des voyageurs comme moi qui ont le visa Vacances-travail.

Donc je me suis tournée vers les petits boulots, parfait aussi pour éviter quelques temps les responsabilités et profiter librement de Melbourne. Mais là encore il est très rare de trouver un job à temps plein. Ici, nombreuses sont les personnes qui cumulent plusieurs emplois. Me voilà donc avec trois "casquettes" ...


Restaurant "Aux Batifolles" : obligation de parler français!

Dans mes recherches j'ai privilégié les restaurants français, ce sont les mieux placés pour évaluer mon CV. Et oui, personne ici n'a entendu parler du Concorde La Fayette, ou du Bristol!

Ce restaurant a l'avantage d'être situé pas trop loin de l'auberge. Stéphane a ouvert le restaurant il y a 6 ans et bénéficie d'une très bonne réputation sur Melbourne. Le concept : un restaurant français a-bor-dable. Et oui, la gastronomie française est plutôt onéreuse en Australie.
Pour ajouter à l'ambiance, tous les serveurs doivent parler en français. Jacques Brel et Charles Trenet complètent le tableau...
Je sympathise aussitôt avec les deux seuls australiens de l'équipe : Erin, une serveuse totalement bilingue, et Jason, le Chef. Je ne déroge pas à ma règle d'or : "toujours être dans les petits papiers du Chef, c'est lui qui te nourrit!".
Je fais rapidement partie de la petite famille "Batifolles", et ce n'est pas rare que l'on traine tous ensemble le soir au restaurant en dégustant le dîner préparé par Jason et papotant avec Aurélien, le frêre de Stephane. Il habite au dessus des Batifolles et est en charge de leur 2e restaurant.
Malheureusement les Batifolles ferme pour presqu'un mois en décembre, il me faut donc trouver une autre source de revenus....

Choukette -Nans, le roi de la baguette ... et mon apprentissage du café!

Stéphane est associé avec Nans le boulanger de Choukette. Me voilà donc accueillie dans une autre mini-famille.
La boulangerie a ouvert il y a un an sur Sydney road à Brunswick, une rue qui devient très populaire, ils ont même fait un site internet pour en faire la promotion! Toujours est-il que les australiens n'ont pas résisté aux baguettes fraîches, aux croissants, brioches, millefeuilles et autres viennoiseries et pâtisseries concoctés par Nans. Moi non plus d'ailleurs! Quel bonheur de retrouver le goût et l'odeur de toutes ces "lichouseries" qui mine de rien commencaient à me manquer. Et oui, on est gourmande ou on ne l'est pas!

La boulangerie fait aussi café et propose de la restauration rapide le midi. Il faut donc rapidement que je me familiarise avec tous ces cafés... et ils sont nombreux. D'ailleurs ici, la plupart des employeurs des cafés vous imposent le "Barista certificate". A savoir, suivre une formation (payante biensûr) pour apprendre à faire les cafés.

Rapidement je vous fais la liste :
Le short black : facile, nous on l'appelle l'expresso
Le long black : là encore facile, nous on l'appelle l'alongé
Le plus dur, c'est quand on ajoute le lait, et la plupart des australiens boivent ces types de café:
Le latte, le flat white, le capuccino, le Macchiato, le Chai latte. Selon les différents cafés, le lait doit être plus ou moins mousseux, et là çà commence à se corser. Il m'a bien fallut une semaine pour parvenir à faire "mousser" le lait de la bonne manière! Les pros arrivent même à faire des dessins dans la mousse. Là j'abandonne.
Mais ce serait encore trop simple si on s'arrêtait là. Parce qu'après vous avez différents laits : le normal, le skimmed milk (écrémé), le soy milk (soja)...
Et selon chaque client vous avez d'autres questions à ajouter :
-"sur place ou à emporter" ?
-"Combien de sucres"?
-" Warm or hot?" (traduction : chaud ou TRES chaud?")
- "Grand ou petit?"
-" Strong or wick?" (traduction : fort ou ... faible?").
Alors quand on vous répond : "un Large strong Soy Latte avec 2 sucres, warm mais pas hot à emporter.... "Il y a de quoi en perdre la boule!

Je ne vous parle pas non plus du casse tête de la caisse enregistreuse : "euh, c'est où la touche pour les chouquettes ?", ni le stress des milk shake et des glaces. Moi je dis "respect"!
Après deux jours Nans m'a demandé si cela me plaisait, je lui répondu que j'adorais jouer "à la marchande". Bizzarement çà n'a pas eu l'air de le rassurer.

Malheureusement, Choukette ferme également ses portes pour trois semaines pour les fêtes de Noël, c'est donc reparti pour la distribution de CV. Mais avent mon départ, Nans m'a donné les restes de gâteaux, mes copines de l'auberge ont donc pu savourer la fameuse bûche de Noël à la crème au beurre, hmmm!

Mariages au Lincoln on Toorak Center

Alors que je travaillais Aux Batifolles ou même à Choukette j'ai réussi à faire des extras dans un centre événementiel, spécialisé dans les fêtes Etudiantes "de luxe" et les mariages.
Alors j'y fais des extras une à deux fois par semaine, le week end. Cà a l'avantage d'être très bien payé.

Rebecca, la responsable des banquets et de l'organisation des événements a eu quelques scrupules à m'embaucher en tant que serveuse au regard de mon CV. Et oui, concrètement, son boulot est exactement celui que j'avais à Paris. Mais comme elle n'avait rien d'autre à me proposer et que je lui ai expliqué que ce poste était uniquement alimentaire pour moi ... me voilà intégrée à l'équipe.

La majorité des serveurs sont des étudiants, australiens ou étrangers. L'année universitaire étant terminée, on ne fait plus que des mariages : Macédoniens, Indiens, Italiens... au final ils sont tous fait sur le même schéma:

- Accueil des invités et service de l'apéritif
- Installation des invités à leurs tables
- Arrivée des parents des mariés, des témoins et finalement du jeune couple.
- Les mariés coupent le gâteaux et trinquent au champagne ("hip hip hourra!"), avant d'aller s'asseoir à la table d'honneur : une table longiline sur estrade, qui fait face au reste de la salle.
- On envoit les entrées
- Discours des parents
- Danse des mariés
- On envoit le plat principal
- Discours des témoins
- Petite pause danse
- On envoit le dessert, et on propose quelques parts du gâteau des mariés + porto et baileys
- Retour à la piste de danse.
- La mariée lance son bouquet pour ces demoiselles
-Les mariés disent aurevoir à tout le monde et quittent la salle
- 5 minutes plus tard, la musique est coupée.

Emballé, c'est pesé, tout le monde rentre chez soi pour minuit, voir 1h du matin au plus tard.
Pas de place pour l'improvisation, voire l'originalité!
L'avantage c'est que l'ensemble du personnel profite des restes... alors encore une fois, je me régale! C'est l'avantage de travailler dans la restauration!
Voilà, voilà. Au jour d'ajourd'hui je suis une fois de plus sans emploi, même si j'ai un mariage ce week end, il faut que je démarche. Mais j'ai appris à ne pas trop m'en faire, et essayer de profiter un peu de Melbourne, à moindre frais biensûr.

Prochain article : quelques photos de ma maisonette...

dimanche 3 janvier 2010

Bonne Année 2010 à tous!



Plates excuses. J'ai sérieusement délaissé mes fourmis et ma mouette ces dernières semaines, mais avec la nouvelle année, les belles résolutions sont de retour!

J'ai quitté l'auberge de Collingwood depuis une semaine maintenant. Il était temps que je prenne un peu de distance après un mois passé avec tout ce petit monde, claustrophobie oblige! Mais il est vrai aussi que c'était bien de ne pas se sentir seul pour Noël. Chacun de nous était loin de sa famille, alors on s'est serré les coudes, même si on a pas vraiment senti l'esprit de Noël... Et oui, avec des journées à 38°C, on était parfois bien jaloux de la neige qui reignait en Europe.


Paul, le propriétaire de l'auberge s'est chargé de nous faire oublier tout çà en nous offrant un barbecue "géant" dans notre minuscule cour intérieure. Et à nous d'organiser un "Secret Santa", chacun étant chargé de faire un cadeau surprise à un des résidents.

Et puis merci à papy et mamie pour votre paquet-gastronome, même si l'andouille de Vire et les marrons glacés n'auront pas passé le contrôle de la douane! Les madeleines, quatre-quart et autres gâteries ont été partagées et dégustées avec mes copines de chambres.
J'ai même réussi à ouvrir mes cadeaux en direct-web camera avec la famille Martin-Dayou grâce à skype. La technologie, c'est quand même le pied!
Ce serait bien si la poste australienne et francaise fonctionnaient aussi bien. Il semble que le paquet que j'avais envoyé pour Quiberon 15 jours en avance se ballade dans l'espace-postal... peut-être arrivera-t-il un jour à destination, qui sait?

J'ai donc emmenagé dans une petite maison depuis le 27 décembre, à Carlton, pas bien loin de Collingwood. Il faut dire que j'avais repéré le coin auparavant: je suis à 10 minutes du cinéma le moins cher de Melbourne, j'ai une boulangerie francaise (!) au coin de la rue, et une station de tramway en face, qui me conduit directement aux plages de St Kilda. Par-fait!
En plus la chambre est disponible uniquement pour un mois et demi, c'est à dire jusqu'à mon décollage pour Christchurch.

Je suis en collocation avec deux Australiens de 23 ans, originaires de South Australia, Adam et Lauren. Ils viennent tous les deux de terminer leurs études d'acteur à Adélaïde. Ils commencent "leur vie d'artiste" à Melbourne : "The place to be"... Autant dire qu'ils ne connaissent pas grand monde encore, et sont plein d'espoir, et d'appréhension aussi. Première audition pour une pièce de Shakespeare dans 7 jours. Ensuite répétition pour une audition d'un grand classique connu de tous, j'ai nommé "Marry Poppins"! Je sens que je vais m'amuser à la maison.

Je n'ai pas encore fait la connaissance de Lauren car elle était dans sa famille pour les fêtes et elle revient mardi. Mais en attendant je cohabite avec Adam, entre match de cricket et discussions devant des vieux films de James Dean et Marlon Brando.

La maison est le parfait exemple des maisons construites lors de la ruée vers l'or sur Melbourne. De plain-pied, pas d'étage, elle est tout en profondeur avec au bout une petite cour-jardinet. Ma chambre n'était pas meublée, mais après deux jours de recherche j'ai réussi à acheter un lit+matelas pour ... 25 dollars dans un Opp-Shop (magasin d'occasion). Ikea peut aller se rhabiller !
Pour le reste du mobilier, j'ai fouiné dans la maison et trouvé une étagère et une commode. Voilà, mon petit nid est fait pour les quelques semaines à venir!
Et puis quel bonheur de pouvoir à nouveau cuisiner. Et oui, pas de four à l'auberge. Deux casseroles et une poêle pour 45 personnes, c'est un peu juste! Là c'est le top-luxe, on a même deux micro-ondes (!), alors je me ratrappe, aux bonheur des papilles d'Adam.

Mon nouvel an aurait été parfait si je n'avais pas attendu le dernier jour de l'année pour tomber malade et me retrouver coincée au lit! Entre la fièvre et la chaleur qui régnait à l'extérieur, j'ai bien cru que je ne pourrais jamais admirer le feu d'artifice à Federation Square. C'était sans compter sur la météo capricieuse de Melbourne.
A 17h voici quelques nuages en approche, à 17h30, l'orage éclate, 17h35 le déluge commence. Il ne s'arrêtera pas avant les premières heures de 2010... Mais cela n'aura pas découragé les australiens, et la semi-fraicheur (il fait toujours 28°C malgré la pluie) m'aura aidé à sortir de la maison. Dehors tout le monde est trempé, même si habituellement chacun est prévoyant, rien n'annoncait la pluie, donc pas de parapluie. Mais les rues sont toujours aussi pleines, les gens aussi souriants.
Je retrouve ma copine Allemande Miriam en ville et on passera la dernière heure à danser au rythme d'un groupe de musique africaine. La pluie n'aura même pas annulé le feu d'artifice qui est tiré à cinq points différents de la ville. Soirée magique, encore un beau souvenir pour moi.

Et le travail me direz-vous?
Je vous réserve çà pour demain... pro-mis!