Je me suis rapidement rendu compte qu'il serait difficile pour moi de trouver une place dans un des hôtels de luxe de Melbourne. Ils préfèrent embaucher des résidents plutôt que des voyageurs comme moi qui ont le visa Vacances-travail.
Donc je me suis tournée vers les petits boulots, parfait aussi pour éviter quelques temps les responsabilités et profiter librement de Melbourne. Mais là encore il est très rare de trouver un job à temps plein. Ici, nombreuses sont les personnes qui cumulent plusieurs emplois. Me voilà donc avec trois "casquettes" ...
Restaurant "Aux Batifolles" : obligation de parler français!

Dans mes recherches j'ai privilégié les restaurants français, ce sont les mieux placés pour évaluer mon CV. Et oui, personne ici n'a entendu parler du Concorde La Fayette, ou du Bristol!
Ce restaurant a l'avantage d'être situé pas trop loin de l'auberge. Stéphane a ouvert le restaurant il y a 6 ans et bénéficie d'une très bonne réputation sur Melbourne. Le concept : un restaurant français a-bor-dable. Et oui, la gastronomie française est plutôt onéreuse en Australie.
Pour ajouter à l'ambiance, tous les serveurs doivent parler en français. Jacques Brel et Charles Trenet complètent le tableau...
Je sympathise aussitôt avec les deux seuls australiens de l'équipe : Erin, une serveuse totalement bilingue, et Jason, le Chef. Je ne déroge pas à ma règle d'or : "toujours être dans les petits papiers du Chef, c'est lui qui te nourrit!".
Je fais rapidement partie de la petite famille "Batifolles", et ce n'est pas rare que l'on traine tous ensemble le soir au restaurant en dégustant le dîner préparé par Jason et papotant avec Aurélien, le frêre de Stephane. Il habite au dessus des Batifolles et est en charge de leur 2e restaurant.
Malheureusement les Batifolles ferme pour presqu'un mois en décembre, il me faut donc trouver une autre source de revenus....
Choukette -Nans, le roi de la baguette ... et mon apprentissage du café!
Stéphane est associé avec Nans le boulanger de Choukette. Me voilà donc accueillie dans une autre mini-famille.
La boulangerie a ouvert il y a un an sur Sydney road à Brunswick, une rue qui devient très populaire, ils ont même fait un site internet pour en faire la promotion! Toujours est-il que les australiens n'ont pas résisté aux baguettes fraîches, aux croissants, brioches, millefeuilles et autres viennoiseries et pâtisseries concoctés par Nans. Moi non plus d'ailleurs! Quel bonheur de retrouver le goût et l'odeur de toutes ces "lichouseries" qui mine de rien commencaient à me manquer. Et oui, on est gourmande ou on ne l'est pas!
La boulangerie fait aussi café et propose de la restauration rapide le midi. Il faut donc rapidement que je me familiarise avec tous ces cafés... et ils sont nombreux. D'ailleurs ici, la plupart des employeurs des cafés vous imposent le "Barista certificate". A savoir, suivre une formation (payante biensûr) pour apprendre à faire les cafés.
Rapidement je vous fais la liste :
Le short black : facile, nous on l'appelle l'expresso
Le long black : là encore facile, nous on l'appelle l'alongé
Le plus dur, c'est quand on ajoute le lait, et la plupart des australiens boivent ces types de café:
Le latte, le flat white, le capuccino, le Macchiato, le Chai latte. Selon les différents cafés, le lait doit être plus ou moins mousseux, et là çà commence à se corser. Il m'a bien fallut une semaine pour parvenir à faire "mousser" le lait de la bonne manière! Les pros arrivent même à faire des dessins dans la mousse. Là j'abandonne.
Mais ce serait encore trop simple si on s'arrêtait là. Parce qu'après vous avez différents laits : le normal, le skimmed milk (écrémé), le soy milk (soja)...
Et selon chaque client vous avez d'autres questions à ajouter :
-"sur place ou à emporter" ?
-"Combien de sucres"?
-" Warm or hot?" (traduction : chaud ou TRES chaud?")
- "Grand ou petit?"
-" Strong or wick?" (traduction : fort ou ... faible?").
Alors quand on vous répond : "un Large strong Soy Latte avec 2 sucres, warm mais pas hot à emporter.... "Il y a de quoi en perdre la boule!
Je ne vous parle pas non plus du casse tête de la caisse enregistreuse : "euh, c'est où la touche pour les chouquettes ?", ni le stress des milk shake et des glaces. Moi je dis "respect"!
Après deux jours Nans m'a demandé si cela me plaisait, je lui répondu que j'adorais jouer "à la marchande". Bizzarement çà n'a pas eu l'air de le rassurer.
Malheureusement, Choukette ferme également ses portes pour trois semaines pour les fêtes de Noël, c'est donc reparti pour la distribution de CV. Mais avent mon départ, Nans m'a donné les restes de gâteaux, mes copines de l'auberge ont donc pu savourer la fameuse bûche de Noël à la crème au beurre, hmmm!
Mariages au Lincoln on Toorak Center
Alors que je travaillais Aux Batifolles ou même à Choukette j'ai réussi à faire des extras dans un centre événementiel, spécialisé dans les fêtes Etudiantes "de luxe" et les mariages.
Alors j'y fais des extras une à deux fois par semaine, le week end. Cà a l'avantage d'être très bien payé.
Rebecca, la responsable des banquets et de l'organisation des événements a eu quelques scrupules à m'embaucher en tant que serveuse au regard de mon CV. Et oui, concrètement, son boulot est exactement celui que j'avais à Paris. Mais comme elle n'avait rien d'autre à me proposer et que je lui ai expliqué que ce poste était uniquement alimentaire pour moi ... me voilà intégrée à l'équipe.
La majorité des serveurs sont des étudiants, australiens ou étrangers. L'année universitaire étant terminée, on ne fait plus que des mariages : Macédoniens, Indiens, Italiens... au final ils sont tous fait sur le même schéma:
- Accueil des invités et service de l'apéritif
- Installation des invités à leurs tables
- Arrivée des parents des mariés, des témoins et finalement du jeune couple.
- Les mariés coupent le gâteaux et trinquent au champagne ("hip hip hourra!"), avant d'aller s'asseoir à la table d'honneur : une table longiline sur estrade, qui fait face au reste de la salle.
- On envoit les entrées
- Discours des parents
- Danse des mariés
- On envoit le plat principal
- Discours des témoins
- Petite pause danse
- On envoit le dessert, et on propose quelques parts du gâteau des mariés + porto et baileys
- Retour à la piste de danse.
- La mariée lance son bouquet pour ces demoiselles
-Les mariés disent aurevoir à tout le monde et quittent la salle
- 5 minutes plus tard, la musique est coupée.
Emballé, c'est pesé, tout le monde rentre chez soi pour minuit, voir 1h du matin au plus tard.
Pas de place pour l'improvisation, voire l'originalité!
L'avantage c'est que l'ensemble du personnel profite des restes... alors encore une fois, je me régale! C'est l'avantage de travailler dans la restauration!
Voilà, voilà. Au jour d'ajourd'hui je suis une fois de plus sans emploi, même si j'ai un mariage ce week end, il faut que je démarche. Mais j'ai appris à ne pas trop m'en faire, et essayer de profiter un peu de Melbourne, à moindre frais biensûr.
Prochain article : quelques photos de ma maisonette...