vendredi 4 juin 2010

Au pays de Crocodile Dundee

Il a plu, il pleut, il pleuvra.On peut dire que depuis que l'on a quitté Hu Cho à Broome le voyage a été, hmm comment dire? Humide!
On refait le plein avant de quitter Broome: plein d'essence, plein de nourriture, plein de livres. On passe toute la journée à rouler avec tout de même une pause dégustation de vin de mangue.Le paysage défile, on s'éloigne de la côte maintenant, le ciel est rempli de gros nuages menaçants mais on a confiance, il ne pleuvra pas.
Le soir on s'arrête dans une aire de repos au bord d'une rivière. On est pas les seuls, les caravanes et campervans s'alignent et les barbecues au feu de bois parsèment la petite forêt.Trois petites gouttes tombent, mais çà ne va pas durer. On plante nos tentes, on a confiance! On cuisine notre popotte à l'abri sous la porte du coffre. Andrea, allergique à la pluie comme tout Italien commence à râler. Mais les deux Bretonnes le rassurent. "C'est un petit crachin, t'inquiète".On a confiance!!
Repas fini, le crachin persiste et le débit augmente. On se réfugie dans le van le temps d'une partie de carte. Bon, il faut l'accepter, il est parti pour pleuvoir toute la nuit. Pourtant la saison humide est sensée être terminée depuis quelques semaine. Mon oeil.
Le lendemain matin on se réveille tous les quatre humidifiés sous nos tentes à 20 dollars. La pluie est toujours là. On reprend la route. On avait prévu de s'arrêter à Fitzroy Crossing sur le chemin pour s'y baigner. Mais la pluie est trop forte, inutile de faire une pause baignade dans le lac.
Les kilomètres défilent, ambiance lecture et musique dans la voiture. Jason conduit et il a intérêt à rester concentré: Ah oui, j'avais oublié un détail : Dans une de ses périodes accrobatiques, Jason a voulou monter sur le toit et a malencontreusement arraché l'essuie glace côté conducteur. Andrea appele çà "la grâce elephantesque des américains".Sa punition est donc de conduire SANS essuie glace, SOUS la pluie. On lui a bien suggéré la réparation. Mais non, il adore relever des défis.

Mine de rien on passera les deux jours suivants à alterner entre journées de route dans le van, et nuits entassés toujours dans le van. Il y a de quoi devenir claustrophobe. Nos tentes ne résistent pas à la pluie incessante, alors on teste les sièges dépliants de notre super Toyota Tarago 89.
Résultat : On arrive enfin à Katherine courbaturés et avec des mines de chiens mouillés. Mais ouf le soleil est de retour.
On a changé d'Etat, nous sommes maintenant dans le Terroire du Nord, ou encore le "Top End" comme on le surnomme ici.Arrêt internet et courses. C'est fou quand tu voyages, tu as l'impression de passer la moitié de ton temps dans les supermarchés. Insupportable pour moi, mais bon il faut bien manger. On ne traîne pas, le soleil est fort, et même si on sent encore l'humidité dans l'air, cela ne fait qu'accélérer la transpiration. Il faut qu'on se baigne! A 30 km se trouve le parc de Nitmiluk avec rivière et chutes d'eau. Par-fait.

Coup dur en arrivant dans le Parc on nous annonce que la baignade est interdite dans la rivière pour cause de crocodiles. Ils viennent d'ailleurs d'en attraper un de 4 mètres de long. Il est encore dans le piège en attendant d'être expatrié dans l'Etat du Queensland.Cà n'arrange pas nos affaires tout çà. On se fait une ballade dans les gorges. Pas un son à part les chants des oiseaux qui résonnent contre les falaises. On scrute la surface de la rivière en espérant distinguer un croco. Mais non ce n'est qu'un bout de bois.
Au final on se baignera dans la piscine du camping. Pas très glamour, mais tellement rafraïchissant!Le soir entre deux parties de cartes on s'amuse à voir les oiseaux multicolores chasser les geikos et les grenouilles autour de la cuisine. On a même d'autres visiteurs: de petits wallabies sautillent à côté de la tente, des fois qu'il y ait un bout de pain qui traîne.On s'endort paisiblement, contents de retrouver nos tentes et nos matelas certes durs mais tellement plus confortables que les sièges du van.

Le lendemain on se lève de bonne heure. Un ranger nous a conseillé une randonnée avec une chute d'eau sans risque pour la baignade.Il n'y a pas grand monde sur le chemin et la cascade vaut le détour. On est tout seul dans notre "piscine" privée, entourés juste par les oiseaux et les lézards paresseux.Marie nous raconte qu'elle est déjà venue en novembre dernier à la fin de la saison sèche. Il n'y avait pas du tout de bassin ni de cascade. Elle a même du mal à reconnaître le coin. Au lieu d'être desséchées et jaunies les herbes sont vertes et hautes. Les arbres ont encore des feuilles et la terre est rouge vif, encore humide par les fortes pluies des mois passés.

On reprend la route, cette fois pour rejoindre un des parcs les plus grands et renommés d'Australie : Le Kakadu National Park.Au même tire que l'Uluru, le Kakadu est dirigé conjointement entre le gouvernement et les familles aborigènes "propriétaires" de la terre, les Bininj et les Mungguy.


Encore une fois la majorité des points d'eau ne sont pas autorisés à la baignade. Voici ce qu'on peut lire dans le guide: "Dans la plupart des sites des panneaux vous interdisent de vous baigner. Merci de suivre ces indications. Si vous ne voyez pas de panneaux, partez du principe qu'il y a des crocodiles". Bref, panneaux ou non, il PEUT y avoir des crocodiles.
Mais à peine payé le droit d'entrée du parc, un Ranger nous conseille déjà la baignade dans une cascade...qu'il nous assure être sans danger.Une averse d'enfer éclate. On arrive déjà bien mouillés et à moitié boueux devant la cascade. Et là, un panneaux!!! Alors baignade, pas baignade?Andrea et Marie choisiront l'option poule mouillée (hoho), Jason et Sarah se baigneront mais pas trop loin et toujours à l'affut d'un mouvement suspect.



En fin d'après midi on trouve un campement sympa et paisible. Euh, çà c'était avant le coucher du soleil. Sur le chemin des douches, pic, pic, deux moustiques sur les jambes. Sous la douche, bzz, bzz, 3 piqures sur les fesses. Je reviens en vitesse à la voiture pour me badigeonner de spray anti moustiques. Marie me met en garde, la voiture résonne du bourdonnement des moustiques.
Suivra un dîner calamiteux où chacun tente d'échapper aux piqures. On se réfugie sous les tentes à l'abri derrière notre moustiquaire. On tue les quelques dizaines qui sont déjà à l'intérieur. Ouf, on est sauvés. Je mets mes boules quiès pour ne plus entendre le bourdonnement stressant.
Voilà que je me réveille au milieu de la nuit, l'ennemi a passé la frontière! S'ensuit un carnage sanguinolant (MON sang!).A 5h, Jason et Marie n'en peuvent plus et vont prendre une douche de 30 minutes, à l'abri sous l'eau. A 6h, le soleil est levé, les tentes jetées dans le coffre. Le van démarre dans un nuage de poussière et part à toute vitesse. Il nous faudra encore 15 minutes pour achever les derniers survivants à l'intérieur du véhicule! Un VRAI CAUCHEMAR.
Enfin on aurait dû s'en douter un peu. Le camp se trouvait dans les wetlands, les marais!


Après avoir soigné nos piqures et trouvé un autre camp que l'on nous a assuré plus à l'abri, on continue notre découverte du parc. Les routes accessibles uniquement en 4X4 sont fermés pour cause d'inondation. Donc aucun regret pour nous. Il n'empêche que même les routes goudronnées sont parfois pleines d'eau. Mais le van les traverse sans danger. Le parc regorge de verdures. Les marais sont verts et bien humides. On ne compte plus le nombre de nénuphars blancs dans le sous bois marécageux.On fait quelques arrêts pour les peintures aborigènes sur les flancs d'une montagne.



En fin d'après midi on se rend au site d'Ubirr, le lieu le plus mitique au coucher du soleil. On y trouve de nombreuses peintures. On escalade un rocher, non pas rouge comme l'Uluru, mais gris. Et là on se retrouve devant un panorama magnifique : A nos pieds une plaine marécageuse recouverte d'herbes hautes. Derrière nous une petite barrière de montagne. Le panorama à 360° est magique. Pour un peu on s'attendrait à voir défiler des troupeaux de zèbres et de girafes. Je ne connaît pas l'Afrique mais c'est l'image que je m'en fais. Par contre les piles de rochers gris me font plutôt penser à des ruines aztèques.
Le lieu est sacré dans la culture aborigène et particulièrement au coucher du soleil. Malgré un groupe croissant de touristes sur le rocher, le silence règne. Ou du moins les bavards sont priés de se taire.




Le ciel rosit. On peut voir de la fumée à plusieurs points à l'horizon. La fin de la saison humide est l'époque des "feux contrôlés" par les rangers. Longtemps incomprise, la tradition aborigène de brûler certaines terres est désormais suivie par les équipes des Parcs. En effet cela aide la croissance de certaines plantes natives qui ne peuvent pousser qu'après avoir été brûlées. Il n'est donc pas rare de voir des arbres dont la base est noire, brûlée par un feu.
On est silencieux sur le chemin du retour au camp, les yeux plein d'images de cette fin de journée. L'air est rempli à la fois par l'humidité des averses et par la fumée des bushfires (feux de bush). Sous la tente on respire... pas de moustiques.

On rejoindra enfin Darwin trois jours plus tard après un détour par le Litchfield National Park réputé pour ses cascades, sans crocodiles cette fois-ci. Retour à la civilisation maintenant.


Marie veut prendre Sarah en photo. Après une dizaine de tentatives, voilà le résultat. Pas dit qu'il y en ait une potable.

jeudi 13 mai 2010

Le Club des Cinq

HOP HOP HOP! Voilà un gros saut dans le temps qui vient de s'opérer. Vous m'avez quittée le 17 Avril à Perth, vous me retrouvez le 13 mai à Broome!Que s'est-il passé depuis tout ce temps? Pas mal de choses vous devez vous en douter. Alors comme promis précédemment voici les grandes lignes :

Le Groupe
Il était déjà en partie formé. Marie et moi. Hu Cho est venue se greffer à Alice Springs. Jason, le copain américain de Marie prévoyait de faire la côte ouest, çà tombait bien. On l'a chargé de trouvé un autre garçon histoire d'équilibrer. Il nous propose Andrea, Italien... Oups çà part mal pour lui vu notre expérience désastreuse avec Marco notre précédent covoitureur italien.Donc à Jason de s'assurer que Monsieur peut cuisiner et qu'il peut aussi parler d'autre chose que de la FIFA!! Au final Andrea passera le test (gentil, le test) haut la main.
3 filles, 2 garçons, pas une parité parfaite, mais Hu Cho est si petite qu'on en est pas loin! Le groupe est formé, reste à trouver le transport.

Little Miss Sunshine (surnom du van, vous comprendrez plus tard, enfin si vous avez vu le film)
On est cinq, il nous faut donc une voiture assez grande. On a bien tenté de louer un van, mais les prix sont si élevés qu'il est plus rentable d'acheter. Les garçons se chargeront de revendre la voiture une fois arrivés à Darwin.Les filles se laissent tenter, après tout les finances font la grimace pour la majorité d'entre nous.Au moins en revendant, on récupère notre investissement. La recherche sera un peu fastidieuse et avec nombreux rebondissements. Mais ouf, après trois jours seulement à Perth,c'est trouvé.Nous sommes donc les heureux propriétaires (au 1/5e chacun!) d'un van Toyota Tarago, 8 places et un coffre qui ouvre quand il veut. Mais à part çà le moteur est ok, le précédent propriétaire n'est pas un backpacker (voyageur) donc c'est plutôt bon signe. C'est un "local", il a toutes les factures et papiers en règle.Les filles sont rassurées, même si leur connaissance en mécanique est plus que limitée comme on le verra par la suite.

Gourmandises à Margareth River
Jason nous fixe une condition: avant de monter au Nord, Monsieur veut absolument descendre au Sud de Perth pour aller goûter les vins autour de Margareth River.La région est toute nouvelle en matière de vignobles (les plus anciens datent des années 60) mais les vins bénéficient de très bons retours, du moins en Australie.En plus c'est le coin de la gastronomie. Nous voilà donc à aligner les dégustations de fromages, vins, chocolats, bières et autres gâteries. Cela durera deux jours, avec un petit intermède pluvieux : notre première nuit sous la tente biensûr!

La Panne
On a repassé Perth et on entame notre montée le long de la côte. Ce jour-là c'est mon tour de conduire. Après une pause pour visiter le monastère de New Norcia, on se prépare à rejoindre le Parc des Pinnacles (Un "Carnac" à l'australienne). Le soleil se couche tout doucement et on savoure le rafraichissement de la fin d'après midi.Mais voilà, trois voyants s'allument simultanément sur le tableau de bord. Panique à bord, je m'arrête sur le bas côté. Après discussion : huile, eau, batterie? On se décide à faire une pause, après tout on a bien roulé, le moteur a surement besoin d'un break (ben voyons). Une heure plus tard on repart tout doucement. Trop doucement même, la queue de voitures derrière nous s'allonge. La nuit est tombée et moi j'ai de plus en plus de mal à voir la route. Et pour cause, notre batterie est en train de mourrir! Elle rendra l'âme à 3km du village de Cerventès.Plus de feux d'urgence, plus de phares. Il faut trouver un moyen d'arrêter une voiture pour nous dépanner. Jason se retrouve au milieu de la route à faire des signaux avec une épée lumineuse qu'il avait acheté dans une foire en Tasmanie. Malgré la tension, le ridicule de la situation nous fait bien rire. On trouvera quelqu'un pour recharger rapidement notre batterie, du moins juste assez pour rejoindre Cervantès.Mais le verdict est là : notre alternateur a un problème. ALternateur? Pour les génies de la mécano comme moi : c'est le truc qui permet à la batterie de se recharger! On parcourera les derniers mètres pour rejoindre le camping en poussant le van, la batterie s'étant déchargée en 5 minutes. On s'est déjà fait repéré par les voisins... Je vous passe le stress du lendemain. Car en plus il fallait que cela nous arrive le week end de l'ANZAC Day. L'ANZAC (Australia New Zealand Army Corporation) célèbre l'armée et ses vétérans. Jour férié donc.On finit par trouver un garagiste qui se déplace au camping. Le verdict tombe : Alternateur à changer (Aïe!), mais passé 5 minutes et le resserrage d'un boulon, voilà que la batterie se recharge comme un charme. Il s'avèrera au final que notre van n'aime pas les routes trop cahoteuses, mais sinon tout va bien. Cela aura eu le mérite de souder encore plus le groupe pour le reste du voyage.

Dauphins, tortues, raies manta et requins baleine
Après un week end stressant à Cervantès, on a passé trois jours à Kalbarri à alterner entre plage, Fish and Chips (trad: Poisson et frites) et ballades dans le Parc National. On remonte vers la péninsule de Shark Bay et le Parc de Monkey Mia, réputé pour ses dauphins.Le camping donne sur la plage avec palmiers et catamarans... Ce serait le pied si seulement il n'y avait pas tant de Français!Lendemain matin, lever aux aurores pour nourrir les dauphins. L'eau à mi cuisse, les dauphins viennent nous frôler les jambes. Même les plus sceptiques peuvent se croire dans le Grand Bleu. Un bon moyen de commencer la journée.Deux jours plus tard on s'arrête à Exmouth. Le Trio Hu Cho, Marie et Andrea souhaite faire une expédition inédite uniquement faisable à Exmouth : nager avec des requins baleines, les poissons les plus grand du Monde et totalement inoffensifs. Jason et moi optons pour une tournée de plongée tuba dans les coins les plus sympa du récif de coraux.Le soir on se raconte tout ce que l'on a vu pendant la journée, çà papote dans tous les sens et on se couche avec des poissons plein les yeux. On ne s'arrête pas là et on part pour deux jours dans le Parc voisin qui longe le Nigaloo Reef, le Cape Grange National Park. Deux jours de plongée tuba à admirer les tortues et poissons multicolores et en fin de journée une petite rando dans les gorges voisines : mini canyons en pierre rouge et kangourous à gogo!

Les mines et la poussière rouge
On délaisse la côte pour deux trois jours, le temps d'explorer un autre parc : Le Karrijini National Park. Et là j'ai enfin le grand "Wouah". Béate devant ce paysage gigantesque avec montagnes, collines et routes de terres rouge. Je pense avoir été beaucoup plus impressionnée par le paysage à Karrijini que mes 3 jours à l'Uluru. Un peu frustrée quand même car ce parc est quasiment entièrement réservé aux 4X4. Mais bon, notre petit van nous permet de rejoindre la Dales Gorge avec ses cascades et trou d'eau fraiche.Même si on est au milieu du désert on aura eu le luxe de barboter dans une eau bien fraîche, comme les nuits d'ailleurs! Qu'est-ce qu'on se caille sous la tente une fois que le soleil est couché... Alors sinon sur la route en direction de Broome, on ne croise quasiment que des camions transportant des machines plus grosses les unes que les autres.
Pelleteuses jaunes gigantesques, etc. Et oui on est dans le coin des mines. On ne compte plus les trains de 2 km qui traversent le désert . Notre van fait tout mini mini à côté.
Voilà, le résumé est rapide pour plus de 3 semaines de voyage. Nous sommes arrivés il y a deux jours à Broome, station balnéaire et port spécialisé dans la récolte de perles. Hier on s'est savouré la spécialité locale : La bière à la Mangue. Ce matin, ballade en chameau à 7h sur une des plus belles plages d'Australie : Cable Beach. A 8h, il fait déjà une chaleur torride!Hu Cho nous quitte demain pour aller travailler dans la neigeuse Canberra (et oui, il neige aussi en Australie!). Alors on lui cherche un remplacant pour la dernière ligne droite : Broome- Darwin.
Aujourd'hui je réalise que je m'envole pour Hong Kong dans un mois et un jour. Tic Tac, le compte à rebours a commencé!

samedi 8 mai 2010

Note de la Redaction

Je me permets une petite mise au point qui je pense s'avère nécessaire. Vous remarquerez que mes articles ne sont plus du tout en phase dans le temps.
Comment un article daté de mi avril peut-il être édité presqu'un mois en retard?? Je vous rassure, le temps ne s'est pas arrêté dans l'autre hémisphère...C'est juste la rédaction qui patoge un peu.
Il faut dire que depuis bientôt 3 mois j'ai rarement voyagé seule. Or quand je suis accompagnée, j'ai du mal à laisser mes compagnons de route de côté sous prétexte que je dois écrire mon blog.Que l'on ne se méprène pas, j'aime toujours mes moments d'écriture. Cependant mes temps de solitude se font de plus en plus rare.
Je m'excuse donc pour ces longs délais. Rajoutez à cela le fait qu'internet coûte de plus en plus cher au fur et à mesure que je m'éloigne des métropoles australiennes (3$ pour 15min, du vol!!!). Bref, rien n'est fait pour faciliter le chmilblik*.
Au même titre, impossible de mettre mes photos en ligne et vous envoyer quelques albums... Attendez-vous donc à souffrir à mon retour, avec j'ai bien peur, une trrrèèès longue et ennuyeuse séance diapos!
Enfin voilà, je vais tenter de vite rattraper mon retard avec l'usage d'un outil bien pratique : l'ellipse! Vlam, 3 semaines de voyage qui passent à la trappe! Mais rassurez-vous, je vais tenter un résumé des temps forts. Bref, un concentré du meilleur.
A très vite mes lecteurs (je sais qu'il y en a au moins trois, c'est cool la famille quand même!).
Sarah et La Mouette.

* voir Nicole Martin pour traduction!!!!

On the road AGAIN (2eme partie)


Deuxième parcours : Alice Springs- Perth (4000 km)
du 9 avril au 17 avril (9 jours)
Compagnons de route : Marie (France) et Hu Cho (Taiwan)

Vendredi 09 Avril
Il a plu toute la nuit. Décidément le désert australien n'est pas aussi aride qu'on le pensait. La rivière d'Alice Springs qui est sensée être asséchée, déborde ce matin.Certaines routes sont innondées. Une petite foule de locaux et de touristes s'est formée sur les rives et des enfants aborigènes patogent gaiement.Il faut dire que c'est l'attraction du jour. On ne considère un habitant d'Alice Springs vraiment intégré qu'à la condition qu'il ait vu la rivière couler 3 fois!
On s'est levées tôt pour aller récupérer notre carrosse pour les neuf prochains jours. Il s'agit d'une "relocation" : c'est à dire un véhicule de location que l'on est chargées de ramener à son point d'origine. J'avais découvert cette petite astuce il y a quelques mois et Marie est parvenue à nous dégôter un véhicule pour juste 10$ par jour. Il y a bien évidemment des conditions : La voiture doit être à Perth le 17 avril au plus tard et on doit faire moins de 4200 km, sinon on est facturées 25cts du kilomètre supplémentaire. Après il y a une grande inconnue... quel type de voiture va-t-on avoir? On sait qu'il est assez grand pour 3 personnes et qu'il est 4WD (4 wheel Drive = 4X4). Alors sur le chemin avec Marie on se prend à tenter de deviner la marque de notre carrosse. Et on ne sera pas déçues !
Un 4X4 Toyota Landcruiser tout amménagé (cuisine au gaz, frigo! et extension du toit pour 2e chambre)! Juste le temps de signer les papiers et on va récupérer Hu Cho. Malheureuse... elle est restée dans une autre auberge que nous et elle s'est fait manger par des bed bugs (puces de lit), la hântise de tout voyageur!

Samedi 10 Avril
Réveil sur le bord de la route au milieu du désert (un peu après Marla). Hier premier jour de route : on trace. Après tout cette route on l'a déjà faite dans l'autre sens la semaine dernière!Notre itinéraire pour Perth? On descend direction Port Augusta et après bifurcation à l'ouest avec traversée du Nullarbor.
On prévoit de rouler beaucoup les premiers jours, il n'y a pas tant de choses intéressantes et on veut pouvoir se réserver deux jours sans route au Sud de Perth, à Espérance.Mine de rien on voit la route différemment qu'à l'aller, et voui, on conduit cette fois! A l'Aller, Mikael était l'unique conducteur. Arrêt à Cooper Pedy, Hu Cho n'a pas vu la ville car elle est arrivée à Alice par le train. On se ballade dans cette "ville" désertique. Visite du super hôtel avec galerie sous terraine. Un peu vieillissant tout çà.
Arrivée au coucher du soleil à Woomera. Le camping était désert la semaine dernière, mais là çà grouille de campings cars, vacances scolaires obligent.

Dimanche 11 Avril
Discussion au petit dèj avec un couple de retraités d'Alice SPrings. Ils sont en route vers Adélaïde "pour voir la mer". Ils nous confient qu'ils ne reconnaissent pas le désert autour d'eux. Les lacs asséchés ne le sont plus, et tout est vert. Quand on leur raconte que la rivière d'Alice coulait il y a 2 jours, ils n'en reviennent pas. C'est la 2e fois en 6 semaines! En 3 mois il aura plu trois fois plus qu'en 1 an...
Reprise de la route. On recharge les deux réservoirs d'essence à Port Augusta car après les prix vont flamber. On fait aussi le plein d'eau!Cà y est on est fin prêtes pour la traversée du Nullarbor... "la route qui rend fou" selon certains amis Australiens. Le paysage y est paraît-il très monotone et on y survit qu'à la condition d'avoir une bonne compilation musicale et une pile de biscuits à grignoter pour tromper l'ennui!
Premier coucher de soleil sur l'Océan Indien à Ceduna. Mini station balnéaire. Les maisons n'ont pas la même classe que celles de la côte est. On rentre dans le territoire des campings et maisonettes de pêcheurs plutôt que celui des grosses villas.

Lundi 12 Avril
Reveil sur le bord de la route. Hier soir on a pas trouvé d'aire de repos et surtout on s'est rendues compte que les feus arrière de la voiture ne fonctionnaient pas. Donc pour ne pas traîner sur la route sans lumières, on s'est arrêtées où on a pu. Nuit glaciale pour moi sur le toit, sommeil au rythme du passage des road trains sur la route voisine.Ce matin on s'arrête à Penong pour compter les moulins à vents. Petit appel à l'agence de location pour les feux défectueux. Réponse :"De toute façon vous n'êtes pas sensées conduire de nuit à cause des kangourous". Cà c'est clair. Je me suis abstenue de leur parler du brouillard et de la pluie, car bizzarement çà ne m'a pas paru très pertinent au vu du climat local.
On longe la côte. Falaises blanches qui tombent dans des eaux turquoises, mais pas encore de plages. Alors on roule, toujours. Passage de la frontière South Australia- Western Australia. On a bien faillit se faire avoir. Il est interdit de faire passer des fruits et légumes de South Australia pour éviter la propagation de fruit flies (mouches à fruits). Sauf que notre frigo regorge de légumes! Nous voilà donc à cuisiner dans le parking de la station service à 16h passées. Nos légumes passeront finalement la frontière sous la forme d'un curry encore chaud!
Le soir même, apéritif sur une aire de repos à Madura Pass. Le soleil se couche sur une plaine désertique à perte de vue. Pas un bruit, juste le vent et les cris des gallahs.

Mardi 13 Avril
Traversée de la "ligne droite" la plus longue d'australie : soit 146,6km sans virages. Les filles dorment, et moi je rumine en chantonnant. Et oui, la route çà fait penser.Penser aux mois passés, penser au retour, penser au futur... Hu Cho tente de conduire. Mais elle est si petite que ses pieds n'atteignent pas les pédales! On finit la traversée du Nullarbor à midi, ouf. Pause pique nique à Norseman. Après midi : Descente directe vers la côte Sud et la petite ville d'Espérance. Soirée détartrage au camping, il était temps! En plus on arrivait à la fin de nos réserves d'eau potable.

Mercredi 14 Avril
Premier jour sans route. ALors on en profite et on parcourt les plages d'Espérance, toutes plus belles les unes que les autres. Eaux turquoises, sable blanc. Mais l'eau sera trop froide pour mes copines, alors je serai la seule à me baigner.Sans compter le nombre de gosses autour de moi qui s'en donnent à coeur joie. Journée lézardage sur la plage. Fin d'après midi, on parcourt la "Great Ocean Drive", route touristique du coin, avec arrêt à la "Wind Farm".??? Espérance a investit depuis longtemps dans l'acquisition d'éoliènes qui produisent plus de 20% de l'électricité de la commune. Et plutôt que de se révolter contre ces grands moulins à vents qui envahissent leur si belle côte "sauvage", ils en font l'un des fleurons de leur patrimoine touristisque local!
Ah, ces AUstraliens, ils ont tout compris. Ils arrivent même à nous faire rouler 15 min pour aller voir le pink lake (trad: lac rose), alors que le lac n'est même pas rose. Et oui, il est asséché!

Jeudi 15 Avril
Matinée sur le jetty d'Espérance, rendez vous avec "Sammy the Seal", le phoque qui a pris ses quartiers sur la plage du bourg. On se ballade en regardant les gosses tenter de pêcher.On prend vite la route. Pas loin, à 60 km il y a le Parc Nation de Cape Le Grand. On décide d'y passer deux jours et une nuit, à deux pas de la plage paradisiaque de Lucky Bay. On y voit parfois des kangourous se dorer la pilule sur le sable en regardant la mer, incroyable! On sympathise vite avec nos voisins de camping.
Ils sont l'exemple parfait de ce qu'on appelle ici "les grey nomads" (trad: les nomades gris). De nombreux retraités australiens passent la majorité du temps à parcourir leur pays en caravane. On en a rencontré souvent sur notre chemin.
Comme John, partis depuis 3 mois de Brisbane et sur la route pour rejoindre Perth où sa fille doit accoucher dans 3 mois. Il est parti quand elle lui a annoncé qu'elle était enceinte et il prévoit d'arriver pour la naissance du mioche. Alors il prend son temps.
Ou Mary et Gus, retraités profs et banquiers. Ils ont voyagé à l'étranger quand ils travaillaient et se sont réservés leurs vieux jours pour prendre le temps de découvrir leur grand pays. Ils sont partis depuis deux ans. Ils prennent un avion tous les 6 mois pour voir la famille.Ils s'amusent à nous dire qu'ils suivent le soleil. Maintenant que le Sud arrive dans les jours pluvieux d'automne, ils prévoient de remonter la côte ouest où la période sèche commence! C'est pas beau la vie?! Le temps de notre séjour on sera leur "New best friends" (trad: nouveaux meilleurs amis). Ils en ont tous les deux jours, dans chaque nouveau camp!
Le soir, l'humeur est festive alors on ouvre la boîte de terrine de saumon de Bretagne précieusement gardée au fond du sac. Cà attire les kangourous et les papillons de nuit. On en trouve un monstrueux de la taille d'une main. Mais c'est quoi ce pays?!

Vendredi 16 Avril
Dernier jour avant Perth. On se résigne à reprendre la route et quitter notre petit Paradis pour retourner dans les terres.
Après une dernière ballade, on quitte Cape Le Gand à midi. On arrive à Hyden au coucher de soleil. Hyden est un petit bled sans grand intérêt, mis à part le fait qu'on y trouve The Wave Rock (trad:le Rocher-Vague).Grosse muraille en forme de vague au milieu du désert.
Le soir c'est popotte. Il faut qu'on vide nos placards avant de rendre la voiture demain. Au menu : "fried rice" (riz fris). Recette de Hu Cho, à défaut d'avoir de gaz (bouteille vide), on le cusine au barbecue. Du jamais vu. Mais quelle réussite : deux couples et une famille en saliveront jalousement à la table d'à côté.

Samedi 17 Avril
Départ aux aurores. On atteint le centre de Perth vers midi. On y rejoint Jason, copain américain de Marie qui nous attend pour organiser la suite du voyage.
Et oui, ce n'est pas fini. On rend notre carrosse Toyota à l'agence de relocation à 13h. Mais déjà la course contre la montre a commencé. Le voyage continue, avec cette fois-ci entre 4 et 5 semaines de route pour longer toute la côte Ouest et remonter jusqu'au Nord du pays, avec arrêt final à Darwin.Alors acheter un van pour 5 personnes en 72h, vous pensez que c'est faisable?Vous le saurez au prochain numéro... See Ya* !

*trad: See You dit avec l'accent australien = à bientôt

mercredi 28 avril 2010

On the Road (1ere partie)


Cela fait maintenant plus de 3 semaines que je suis sur la route et il semble que cela va durer encore un bon mois.Voici quelques petits extraits de carnet de voyage.

Premier parcours- Melbourne à Alice Springs (4000 km)
du 30 mars au 8 avril (9 jours)
compagnons de route : Marie (France), Mickael (Allemagne) le propriétaire de la voiture, Marco (Italie) autre covoitureur

Mardi 30 mars
Départ de Melbourne ce matin, enfin on essaye. Mickael et son copilote Marco mettront 1h pour nous faire sortir de la ville.Avec Marie derrière on observe, mais on ne veux pas s'imposer dès le début du voyage. Mais c'est vrai qu'on leur dirait bien qu'ils lisent la carte à l'envers!

Mercredi 31 mars
Aire de repos de Beachport. Coucher de soleil sur un lac assèché. Longeons depuis une journée et demi la Great Ocean Road. Route sinueuse, enfilade de plages et de petites stations balnéaires.Un peu déçues, on s'attendait à mieux ("Great"= Génial!). Vaut le détour uniquement pour les "Douze Apôtres" qui en fait ne sont plus que huit.Les avais déjà vus avec Lauren, mais le paysage est toujours à couper le souffle : huit îlots de roche face à des falaises de calcaire, wouahou!

Jeudi 01er avril
Avons dépassé Adélaïde cet après midi. Entamons la route vers le Nord et le red center (centre rouge).Nous sommes fixé un rythme de voyage de 500km par jour afin de tenir les délais. Après deux jours sans douche, nous sommes enfin décidés à dormir dans un camping. Avons faillit ne pas en trouver de libre pour cause de championnat de squash et de week end de Pâques!

Vendredi 02 Avril
Avons réussi à convenir d'un rendez vous avec Nick, notre copain de Sydney qui descend de Darwin.Rendez vous pique nique sur l'aire de repos de Port Augusta. Après 9 mois, le trio est reformé le temps d'un sandwich. Chacun reprendra ensuite la route dans des directions opposées.Nuit à Woomera, ville déserte. Et pour cause, on est le Good Friday, vendredi précédent le week end de Pâques. Woomera comptait 6000 habitants dans les années 60. La quasi totalité travaillaient pour la NASA ou la CIA. Ils ne reste que 600 habitants, mais aujourd'hui on pencherait plus pour 20...Passons la soirée à discuter avec un couple de retraités venus faire un pélerinage familial sur leur ancien lieu de travail. Ils nous raconteront les tests échoués de rockets au milieu du désert...

Samedi 03 Avril
Nous sommes rendus compte avec Marie que nos compagnons ne sont pas bavards.Prenons notre mal en patience. On roule, roule. Marie aligne les sudokus. Ai fini un des livres envoyés par Maman : "Les larmes de Tarzan". Me suis marrée comme une baleine.Passons la nuit à Cooper Peddy, capitale mondiale de l'Opale. Dormons dans un camping sous terrain, spécialité de la bourgade pour éviter les écarts de températures, les mouches et les moustiques.Aurait pu être une bonne idée s'il n'y avait pas eu les échos dans les couloirs. Serons réveillés par les cris des enfants des voisins à 6h,enfin 5h (heure d'hiver)! Bénies soient mes boules quiès.

Dimanche 04 Avril
Grosse journée de route, objectif le gros caillou d'Uluru pour le coucher du soleil. Raté. Contre temps malheureux:Nos caisses de couverts et de nourritures vaillamment accrochées sur le toit ne survivront pas au passage d'un road train. Vol plané dans le désert.Road train? Poids lourds traversant le désert à toute allure et pouvant tirer jusqu'à 5 remorques, soit plus de 50m de long.Les kangourous du coin se régaleront avec notre pot de nutella et nos pâtes éparpilées aux quatre vents.Dormons sur une aire de repos à 30 km du Parc National, avec vu sur le rocher.Distinguons des éclairs à l'horizon avant de se coucher, mais pas inquiètes. Après tout on est dans le désert! Dommage : réveillées à 2h30 du matin par une tempête : éclairs, vent et grosse averse.Nous incrustons dans la voiture avec Mikael pour finir la nuit.Désert aride? mon oeil!

Lundi 05 Avril
Réveil impossible de notre ami Marco.Il veut voir le lever du soleil sur l'Uluru mais sans se lever aux aurores... Intelligent l'Italien!Faisons le tour de l'Uluru à défaut de pouvoir le grimper. Interdit aujourd'hui pour cause de température de plus de 36°C et de vents violents.Uluru plus impressionnant de loin que de près, un peu déçue.Me débats avec les mouches: me prends pour le Troll dans la BD "Lanfeust" qui se ballade avec toutes ses mouches. En ai 25 au moins sur le visage, deux fois plus sur le dos. Conclusion : investissement dans un filet!Apéritif devant le coucher du soleil sur l'Uluru. Couleurs magnifiques. Prise de douches en fraude au camping de Yulara avant de retourner sur aire de repos GRATUITE.

Mardi 06 Avril
Reveil difficile, mais on secour l'Italien et arrivons à prendre petit déjeuner aux pieds des Olgas, ensemble de caillous arrondis à 50km de l'Uluru.Ballade entre les rocher, echos des chants oiseaux qui résonnent sur les parois rouges. Contentes d'avoir fait la ballade aux aurores car elle est fermée après 11h pour cause de fortes chaleurs.Reprise de la route pour atteindre Kings Canyon.Camping bondé. Retrouvailles d'un groupe de francais qui nous suit depuis 3 jours. Discuter avec eux nous change de la monotonie de nos 2 silencieux.Réveil dans la nuit par un concert de cris de dingos (chiens-loups sauvages) autour des tentes!

Mercredi 07 Avril
Départ pour Kings Canyon sous les nuages, mais se lèvera vite. Exploration du canyon beaucoup moins monotone que l'Uluru.Avons plongé dans le waterhole (traduction: trou d'eau) du Jardin d'Eden. Aprenons que les roches du Canyon sont des vraies éponges. Le climat n'est que semi-aride ici, et dès qu'il pleut les roches absorbent l'eau, qui ressort à la base du Canyon, formant un jardin et une petite rivière entre les roches.L'eau y est fraîche, notre baignade nous relance pour le reste de la journée.

Mercredi 08 Avril
Arrivée à ALice Springs vers midi. Opération laverie et internet avant de reprendre la route dès demain matin.Cette fois juste avec Marie et ma copine Taiwanaise Hu Cho qui nous rejoint.Ballade dans Alice. Avions été prévenues concernant le nombre d'aborigènes "alcoolisés" dans les rues. Il n'est pas bon de se promener de nuit seule ici. Vans brûlés, voitures vandalisées. On ne compt pas les agents de sécurités de compagnies privées et les agents de police à patrouiller.Dîner au resto entre filles, pizza! Les aurevoirs avec les garçons ont été rapides, voire baclés. Ils n'ont pas montré beaucoup d'intérêt à notre égard, pourquoi le ferions-nous?Prêtes pour notre econd voyage : Alice Springs- Perth.

jeudi 1 avril 2010

L'une s'en va au Nord, l'autre reste au Sud

On a le sourire accroché aux lèvres quand on quitte Fox glacier. On est dimanche midi, il fait un soleil de plein été. Qui devinerait qu'il y a à peine une heure on sautait d'un coucou volant à 12 000 pieds d'altitude?On est fin prêtes pour deux jours de route tranquille. On quitte les montagnes pour un retour à la mer et un grand bol d'air.
Hop, petite pause dans un village, on craque sur des bonnets faits mains en laine de moutons.. et de possums!Et oui, les possums sont pour les Néo Zelandais ce que sont les kangourous pour les AUstraliens, à savoir beaucoup trop nombreux! Ils ont été introduits en Nouvelle Zélande par les Australiens (tiens, tiens) pour leur fourrure. Mais les fourrures n'ont plus la même cote aujourd'hui et les petites bêtes se sont bien reproduites, au détriment des animaux natifs du pays.Donc maintenant on trouve des pièges dans tous les parcs nationaux. Récemment ils sont passés à plus radical : le poison 1080. Ce qui ne plaît pas du tout dans les campagnes. Et oui, le 1080 tue beaucoup plus facilement les animaux natifs que les possums!Je clos cette parenthèse historico-écologique pour reprendre le volant et regarder la route.Mine de rien la fin de notre voyage en binôme approche. On s'est donné un dernier challenge avant la séparation : Le trek d'Abel Tasman.

Le Parc d'Abel TasmanLa baie d'Abel Tasman est au Nord de l'ile du Sud. La randonnée principale fait 42 km, on peut la faire en 3 à 5 jours. La randonnée longe toute la côte et donne accès a des plages paradisiaques.On a réservé nos lits dans des huttes du parc national pour nos deux nuits. L'organisation du sac vaut le détour :prévision de la nourriture pour 3 jours, tout en sachant qu'il n'y aura aucune cuisine sur la route et qu'on a pas de réchaut!APrès avoir compté les tranches de pain de mie, cuit 2 kilos de pâte et de riz et fait le plein de boîtes de thon, çà y est on est parées.Bon, biensûr on a opté pour l'option "spéciale-fainéantes": notre sac fera le voyage jusqu'aux huttes, non pas sur notre dos, mais en water taxi. Il n'y aura que le dernier jour où on devra le porter. Mais d'ici là, on aura tout mangé son contenu, vous pouvez compter sur nous!Une fois encore on est gâtées par la météo. Et dire que 2 jours auparavant on était en pôlaires au flanc d'une montagne. Aujourd'hui on sue abondamment en débardeurs et shorts.Premier jour : 7 heures de marche, 2e jour: 5 heures, 3e jour: 2 heures. Cà va, le rythme n'est pas trop soutenu. On aura largement le temps de pique niquer au pied d'une cascade, de se baigner sur une plage déserte et faire une sieste sur une autre plage de sable fin!

L'eau est turquoise et on voit de nombreux groupes de kayaks au large. On se prend à rêver d'être les propriétaires des quelques maisonnées qui sont dans le Parc. Cette randonnée est très populaire, mais on a la chance d'être en semaine, donc il n'y a pas trop de monde sur le chemin.Les huttes elles non plus ne sont pas trop bondées. Le soir au dîner on regarde envieusement les randonneurs "pros-avec réchaut" (c'est une espèce assez courrue ici...).Nous on déguste notre riz à la sauce "pasta-bacon"... froide! Miam!Le 3e jour, le water taxi nous attend au point de rendez-vous au bout de la randonnée. Deux heures auparavant on attendait la marée basse pour traverser une anse, notre gros sac sur le dos et les pieds dans l'eau.Le chauffeur nous conduit dans une crique où on s'amuse à regarder un groupe de bébé phoques faire des ronds dans l'eau. Quand le bâteau arrive à Marahau, on s'attend à devoir remonter a plage jusqu'au quai. Mais non, les Néo Zélandais ont une organisation bien rôdée. Un tracteur nous escorte donc jusqu'au parking sans qu'on ait à sortir du bâteau!On a pris des couleurs et on est en pleine forme après nos 40km de marche. Mais dis donc, il nous tarde de retrouver une vraie douche chaude et un dîner digne de ce nom!

- Les vignobles de Blenheim et les Adieux de Picton
Nos derniers jours toutes les deux seront tranquilles. APrès 3 semaines de randonnées et de route, la pause ...s'impose!Cà tombe bien on est dans le coin des vignobles. Il n'en fallait pas plus pour qu'on se décide à faire quelques dégustations.On goûtera aux vins de Grove Mill et Cloudy Bay. Notre découverte : un Riesling surprenant et qui n'a rien à voir avec le vin sucré auquel on est habitué en France.Notre dernier soirée sera donc un petit festin. L'occasion pour nous deux de fêter la fin de notre voyage mais aussi les 29 ans de la miss Cécile la semaine suivante.Dans la cuisine de l'auberge on fait pas mal d'envieux et de curieux devant notre dîner un brin franchouillard (vin, pain,fromage,saumon fumé)!

Notre dernier tryptique photo!





- Ferry Picton-Wellington : direction l'Ile du Nord
Je quitte Cécile au port de Picton. Elle reste encore 3 semaines dans le sud pour faire du wwoofing avec des éléveurs de chevaux. Il est temps pour moi de continuer ma route seule sur l'ile du Nord.Les aurevoirs sont un peu émotionnés. Bah oui, on est des filles quand même!Les trois heures de ferry passent lentement. Une nouvelle page se tourne pour moi même s'il me reste encore une bonne dizaine de jours en Nouvelle Zélande.Je ne me lasse pas d'admirer la côte en me promenant sur le pont. Bizarrement je trouve qu'il y a comme des odeurs de ferme... Evidemment! Il y a des remorques pleines de vaches à l'arrière du bâteau. Ces dames sont un peu à l'étroit mais elles ont toit ouvrant avec vue sur mer!
EPILOGUE
Mine de rien mes deux semaines sur l'Ile du Nord sont vite passées. Elles ont été bien moins remplies que le début de mon voyage avec Cécile. Mais elles ont surtout été rythmées par mes longs trajets en bus. Conclusion : Si vous visitez la Nouvelle Zélande : faites-le en voiture! J'ai souvent eu l'impression de passer à côté de beaucoup de choses faute d'avoir un moyen de transport. Mes deux meilleurs souvenirs resteront dans deux lieux magiques :
- Le Tongariro National Park:Ce parc est gigantesque, on y trouve une randonnée très populaire pour sa beauté mais aussi sa difficulté: Le Tongariro Crossing.21 km de grimpette au milieu des volcans et des lacs de souffre. Un grand moment pour moi. C'est pas tous les jours qu'on escalade un volcan. Ce sera une journée difficile mais tellement magnifique.Le soir même je suis à la fois rayonnante ET courbaturée de partout.




- La Peninsule de Coromandel et cathedrale Cove:
Là encore les plages de sables fin à perte de vue, des falaises creusées par la mer. Et puis il y a la Hot Water Beach. la quoi? Chaque jour, une petite foule de touristes ou de locaux y arrive avec sa pelle. Pour y faire quoi me direz-vous?Non, pas pour y faire des châteaux de sable, mais creuser des trous! Deux heures après la marée basse, vous pouvez creuser un trou dans le sable qui se remplit d'eau chaude, voire même bouillante!C'est assez incongrue de voir tous ces adultes se disputer un emplacement sur la plage. Rien que cela çà vaut le détour!

Je n'aurai pas passé mes deux semaines toute seule. J'aurai rencontré Rodolfo, Italien fatigué de sa vie en Irlande et qui voyage depuis 6 mois entre l'Asie, l'Australie et la Nouvelle Zélande. Et puis Sophie, petite Belge ennuyée par sa vie d'économiste et qui s'est pris un break pour l'Australie avec passage par la Terre des Kiwis.Cà vous rappelle quelque chose peut être. Et oui, je suis loin d'être un cas isolé, et mine de rien çà me rassure un peu à l'approche de mon retour en France!

Mon vol retour pour Melbourne part d'Auckland. Je suis déjà au téléphone avec ma pote Marie. Vous vous souvenez de Marie? Francaise rencontrée à mon arrivée à Sydney en juin dernier.Elle a fait son petit bonhomme de chemin, mais on est toujours restées en contact. Et là on se retrouve à Melbourne pour faire le reste du voyage ensemble.AU programme des semaines qui viennent :
- Itinéraire : Melbourne- Alice Springs
- Moyen de transport : covoiturage avec un allemand et un Italien
- date d'arrivée prévue à Alice Springs : le 9 avril au plus tard.
Me voilà donc partie dans une nouvelle aventure: celle du Red Center, le désert australien, EN-FIN!

vendredi 26 mars 2010

Pim saute d'un avion, que fait Pam?

Rappel du précédent épisode : Tels deux hobbits en manque de bonne chair et de bon vin, nos deux accolytes ont dûment rassasié leurs envies citadines à Queenstown: à savoir faire du shopping et manger des sushis! Je ne suis pas sûre que Frodon et Sam aprouveraient, mais c'est pas grave, on est pas à Cul-de-Sac!
Allez, finies les petites références Tolkieniennes, pour ceux qui n'auraient pas lu ou vu la Trilogie.

Nous sommes donc fin prêtes à reprendre la route, direction cette fois-ci les Glaciers. Mais avant on se décide à faire un petit détour dans les terres.

-Wanaka et le Central Otago
On s'éloigne encore un peu de la côte pour découvrir le Central Otago, région réputée pendant longtemps pour ses mines d'or. Maintenant on y trouve des vignes, des vergers et des moutons évidemment.
Le relief est toujours là. Il faut dire que je commence à réaliser qu'il y a peu de lieux "plats" en Nouvelle Zélande. Mais encore une fois le paysage nous réserve des nouveautés. Collines plus ou moins hautes, herbe jaune. Alors qu'il y a encore deux jours on était dans une région très humide, au contraire ici on sent qu'il n'a pas plu depuis longtemps.

Il faut vous dire qu'on a pas choisi de passer par là par hasard. Biensûr, on a écouté les conseils du papa de Cécile (Merci Gillou!!). Mais il y a autre chose. La petite ville de Wanaka est renommée pour ... son cinéma! On en rêve depuis des jours. Bravo pour le retour à la Nature les filles.
Le cinéma Paradiso (çà ne s'invente pas!) est réputé pour son côté "non-conventionnel". Les sièges à bascule inconfortables sont troqués pour des canapés larges et moelleux, comme à la maison. Des coussins supplémentaires sont à disposition, il y a même une voiture pour ceux qui voudraient se faire une ambiance drive-in.
Le cinéma comprend un restaurant, et vous pouvez si le souhaitez être servis dans la salle, ou déguster votre verre de vin en regardant le film. C'est pas en France qu'on verrait çà, quoique? Idée à approfondir je crois, n'est-ce pas Cécile?
Après deux jours de soleil et de ballades sur les traces des ancêtres chercheurs d'or, on repart vers la côte ouest et biensûr les glaciers!
- Fox Glacier
Et ben on les aura cherchés ces glaciers sur la route, mais rien!
Il faut dire qu'on a une sacrée trotte de Wanaka à la station de Fox Glacier. Le paysage a donc le temps de changer souvent.Tout d'abord des collines, puis des montagnes cernées par des lacs, une plaine séparée par une rivière glacée et des torents turquoises. Non, toujours pas de Glaciers. Ah bah tiens, on longe enfin la côte ouest. Les deux bretonnes prennent un grand bol d'air et aprécient enfin de revoir la mer à l'horizon.
Mais la route se renfonce vite dans les terres et dans une forêt tropicale qui n'est pas sans me rappeler des paysages du Queensland australien. Forêt dense et humide envahie de fougères géantes.Finalement on arrive vers 20h passées à la petite bourgade de Fox Glacier, mais toujours pas de glacier en vue! Nous aurait-on menti? A-t-il fondu dans la nuit?
Allez on arrête la rigolade.
C'est à peu près ce que nous dit aussi notre guide le lendemain matin quand il nous prépare pour la journée d'exploration du fameux glacier. On ne plaisante plus.
Déjà on change les chaussures ... et les chaussettes! Après il nous fait un petit débrief rapide.
Avant d'arriver sur la glace il nous faudra longer et grimper une des montagnes voisines : 800 marches, après on grimpe une échelle, et on longe une crevasse, accrochés à une corde. Tout çà avec des chaussures qui pèsent bien 2 kilos chacune. "No problem, Man!".

Deux heures plus tard, un peu plus transpirantes, mais tellement plus souriantes, nous voilà arrivées face au Glacier. En-fin!On a une chance inouïe :ce coin d'habitude réputé très humide nous offre une météo idéale, sans nuages et avec un soleil éclatant. Le Glacier se modifie continuellement et il retient aussi les montagnes autour de lui. Mais comme il se transforme sans cesse (la glace fond), ses mouvements entrainent aussi des éboulements des roches environantes.
Enfin bref, tout çà vit en harmonie et rend l'exploration du Glacier différente chaque jour pour les guides locaux. Nous, pendant ces explications techniques, on a eu le temps d'enfiler notre polaire, attacher nos crampons et saisir notre bâton. On arrivera à monter assez haut sur le Glacier pendant les 3-4heures qui suivent. Au fur et à mesure que l'on monte la température baisse de manière impressionnante. On voit des crevasses et des mini torrents. Le bonheur quoi! Mine de rien la journée passera à une vitesse insensée, et on revient le soir à l'auberge, les joues rosies par le soleil et les pieds un peu fatigués. La Montagne, çà vous gagne!
ENTRACTE
Je profite de notre désormais habituelle entracte pour passer un message aux éventuels démissionnaires :
Que vous soyez:
- en retard pour le boulot ou AU boulot
- en retard pour boire l'apéro /préparer le dîner/ aller à McDo
- en retard pour votre émission/série/match préféré
- en retard pour coucher/changer/nourrir/engueuler le p'tit dernier

et bien n'abandonnez pas et restez encore un peu!!!!

- Tu sautes, je saute.
Ce voyage en Nouvelle Zélande a des airs de challenge pour chacune de nous deux. A savoir une folle envie de lutter contre nos routines respectives.
Il est vrai que cela fait déjà 8 mois que je me ballade en Australie, j'ai donc un peu d'avance. Mais ma pause de 2 mois à Melbourne a donné un second souffle à mes envies d'aventure.
Or la Nouvelle Zélande est une terre d'aventure ... et de sensations fortes. Il n'y a pas une ville où on ne vous propose pas un saut à l'élastique ou un saut en parachute. Vous voyez où je veux en venir, non?
On s'est laissées tenter, et nos deux demi-courages en ont fait un entier: on a téléphoné à la compagnie aérienne de Fox Glacier. En 5 minutes c'était réservé. "Mesdemoiselles, vous sauterez en parachute à 12 000 pieds d'altitude le dimanche 7 mars entre 9h30 et 9h45".
Après tout est allé très vite, enfin je parle pour moi, mais j'ai le sentiment que pour Cécile c'était pareil.

On arrive tôt le matin, le temps est toujours aussi dégagé. Le petit "aérodrome" a plutôt des airs de champs avec des caravanes.
On enfile les combinaisons, jaune poussin pour Sarah, rouge poisson pour Cécile. Nos partenaires respectifs nous attachent les parachutes et nous apprennent les mouvements que l'on devra faire durant les différentes étapes du saut.Cécile pose beaucoup de questions, Sarah est muette. On est quand même pas fières quand on voit arriver notre minuscule avion.On y rentre tous les quatre comme dans une boîte de conserve et il y a juste assez de place pour le pilote!


Le vol était sensationnel : on a survolé la plaine avec vue sur la rivière et les champs et au loin la mer, puis on s'est dirigé vers les montagnes et on a survolé les glaciers. Rien que pour çà on ne regrettais pas notre choix.
Et puis ils on ouvert la porte et wouahhhhhh, 45 secondes de chute libre à 200km/h. Quand on ouvre mon parachute, le choc n'est pas très violent. Le bruit du vent dans les oreilles s'interromp d'un coup et la température remonte aussi vite.


Je reste en admiration béate devant le paysage et je savoure le plaisir de voler. Au total le saut aura duré 5 minutes, mais cela sera suffisant pour nous laisser un sourire aux lèvres pendant les deux jours qui suivent.


Bon je crois que çà fait beaucoup d'émotions pour un article. Alors j'en garde pour le suivant, qui sonnera aussi le moment de la séparation pour Cécile et Sarah.Allez, souvenez-vous que même Frodon et Sam ont dû se séparer, pour au final mieux se retrouver!

vendredi 19 mars 2010

"Ze veux des sushis!"

Alors j'en étais où ? Ah oui, Cécile et moi passons 3 semaines ensemble sur l'Ile du Sud en Nouvelle Zélande.Précédent arrêt à Dunedin et l'Otago Peninsula sur la Côte Ouest.
C'est bon j'espère que vous n'avez pas perdu le fil, installons-nous pour la suite:

- The Catlins:
On a laissé Glen sur la peninsule avec ses pingouins, Dunedin et sa fabrique de chocolat sont derrière nous. On continue de longer la côte ouest pour rejoindre la pointe sud de l'île et le Parc National des Catlins.
On est prévenues: pas de stations essence, pas de supermarchés, pas de signal pour téléphone portable. Enfin, un retour à la nature comme on les aime.
Cela fait près de 40 minutes que l'on roule sur une route gravillonnée quand on arrive à notre auberge à la tombée de la nuit. On a dû croiser trois maisons, mais cent fois plus de moutons... Le paysage a plutôt des airs d'Irlande, d'ailleurs le temps se couvre un peu. L'auberge où nous sommes est en fait une ferme.

A peine a-t-on pris nos quartiers que l'on se décide à explorer les lieux.
Cà tombe bien c'est l'heure de la tonte des moutons. Le propriétaire est en pleine action, le bruit de la tondeuse est couvert par des airs de rock venant de la vieille radio poussiéreuse.On aura le droit toutes les deux de participer mais on ne battera jamais le record de 45 secondes pour la tonte complète d'un mouton!

Le lendemain le ciel est couvert et pluvieux mais il y aura suffisamment d'éclaircies pour que l'on sorte un peu. On ira à Slope Point, le point le plus au Sud de l'Ile du Sud! Plus que 4803km avant le Pôle Sud! Le vent est fort... des airs de côte sauvage quiberonnaise.
On arrivera à passer entre les gouttes pour aller taquiner les pingouins à la tombée du jour, comme si je n'en avais pas encore assez vu depuis Oamaru!

- Les Fiordland - Milford Sound :
On reprend tranquillement la route. On est passé maintenant à l'ouest de l'île. Impossible cette fois-ci de longer la côte. Le Parc des Fiordlands, ses montagnes, rivières et lacs nous cachent la mer.
On fait quelques étapes avant d'atteindre Milford Sound, le temps de longer le lac de Te Anau ou encore de grimper le Key Summit. Les sommets enneigés sont de retour et les routes sillonneuses aussi!
Concrètement Milford Sound est à 120 km de toute civilisation, enfin de la ville la plus proche, Te Anau. On vous previent donc de faire le plein d'essence, de provisions et ne pas oublier sa brosse à dents! Là bas, pas de cafés, ni de petit supérette du coin.
La route est basillée de panneaux prévenant des risques d'avalanches. Ouf, on est en plein été. Devant le tunnel qui nous mène aux derniers kilomètres avant Milford, la température a sérieusement baissé.
Les montagnes ne sont plus recouvertes de forêts mais d'amas de roches et de sable gris mais aussi de neige! Cela fait quelques temps même que l'on ne voit plus les sommets cachés par une brume épaisse. En attendant de pouvoir accéder au tunnel, les randonneurs se font une bataille de boules de neige en short et tongs!


Notre arrivée à l'auberge est mitigée. Cà grouille de monde, on est bien loin des trois occupants de la ferme des Catlins... Et puis les prévisions météo sont mauvaises: de fortes averses sont attendues pour les prochains jours.
24 heures plus tard on en est toujours au même point: coincées comme tout un chacun à l'auberge, il n'a pas cessé de pleuvoir depuis la veille. Les expéditions kayak sont annulées. On a bien essayé de se faire une série de petites ballades, mais après 10 minutes dehors, on était chacune trempées.
Le ciel est complètement bouché par la brume, on distingue à peine les montagnes, mais par contre on est cernées par les cascades au débit impressionnant !On tente bien une petite croisière en bâteau, mais finalement on décide de raccourcir notre séjour.
Ah j'oubliais juste un détail: Milford Sound est situé dans la région la plus humide de Nouvelle Zélande. Il y a en moyenne 6 mètres de précipitations par an!

ENTRACTE
Je profite de cette petite pause,toilettes pour certains, café pour d'autres, pour vous rassurer: oui, oui il y aura une chute à ce titre pour le moins obscur. Mais que viennent faire les sushis en Nouvelle Zélande?
Cà y est, tout le monde est de retour? D'accord, alors je reprends.



- Queenstown:
Encore trempées après deux jours de pluie à Milford Sound, le chauffage est à fond dans la voiture pour nous sécher un peu.On alterne avec la climatisation qui semble plus à même de lutter contre la buée du pare brise!
La route paraît de moins en moins humide au fur et à mesure que l'on s'éloigne des Fiordlands pour rejoindre la petite ville hyper touristique de Queenstown. Le relief est un peu plus doux. Les montagnes sont toujours là, mais elles nous paraissent moins opressantes. Les roches grises sont recouvertes d'herbes jaunâtres et de paturages et la brume s'est transformée en de long nuages blancs qui se reflètent sur le lac. On zigzague jusqu'à Queenstown et c'est le moment que l'on préfère de la journée. La fin d'après midi, le soleil se couche, et les couleurs n'en sont que plus belles.
Queenstown est une jolie petite ville avec rues pietonnes et bien trop de magasins pour deux filles en manque de shopping après une semaine en cambrousse!
C'est aussi le point de rencontre de tous les randonneurs de retour d'expéditions de plusieurs jours. Bref, çà sent bon le business. Les boutiques de souvenirs, les restaurants et les magasins de fringues de sport font fureur. Queenstown est aussi une station de ski réputée, donc on ne compte plus le nombre de "barres" (les complexes de studios).
Et puis en été, c'est la recherche de sensations fortes qui fait le succès de la ville : Saut à l'élastique, saut en parachute, accrobranche, zorbing*... Mais c'est trop cher pour nous tout çà. Et puis c'est tellement plus facile de se laisser tenter à essayer des jolies robes dans un magasin, non?

Et c'est enfin le temps des sushis!!!!
Il faut que je vous dise que la miss Cécile a une folle envie de sushis depuis notre départ de Christchurch. Mais c'est pas si facile de trouver un resto japonais, que ce soit dans les Catlins ou dans les Fiordlands!
Il n'était donc pas rare qu'au détour d'une randonnée, ou arrivées au sommet d'une montagne, dans un grand moment de contemplation béate des beautés de la Nature avec un grand N... que j'entende une petite voix tristounette :"Ze veux des sushis...", suivi d'un grand soupir. Souvent de ma part d'ailleurs! Alors imaginez notre joie à toutes les deux en arrivant à Queenstown : Pas un, mais DEUX restaurants japonais nous attendent. Il ne reste plus qu'à choisir, et déguster biensûr.
Je papote, je papote, mais çà y est la séance est finie. La prochaine session se fera moins attendre, enfin je l'espère!

* Le zorbing est une activité à succès en Nouvelle Zélande. On vous met dans une boule en plastique géante et on "jette" la boule du haut d'une colline. Accrochez votre estomac!

mercredi 3 mars 2010

Le Retour du Roi, oups du Sac à Dos !

Je vais en faire des jaloux, mais me voilà repartie en vacances. Oui je sais cela fait déjà 8 mois que je suis en vacances!Quel plaisir de ressortir mon sac à dos, choisir les affaires à apporter: A Christchurch il ne fera pas la même température qu'à Melbourne. Les polaires, le coupe-vent et les chaussures de rando vont donc remplacer ma panoplie estivale de petite Melbournienne, ses sandales et autres uniformes de serveuse...
Me retrouver à l'aéroport, passer la douane, monter dans l'avion... çà y est la voyageuse est de retour après 3 mois de parenthèse-boulot. Hmm, que çà fait du bien! Le plan de voyage : Un peu plus de 3 semaines sur l'Ile du sud avec ma copine de lycée, j'ai nommé la "baroudeuse-professionelle", Cécile. Et deux semaines toute seule pour l'Ile du Nord. Retour en Australie prévu le 28 mars pour encore deux mois avant de rentrer sur Paris mi-juin. Et oui, déjà.
Mais le moment n'est pas au retour, mais au re-départ! A mon arrivée à l'auberge de Christchurch, Cécile m'a préparé un festin avec Far breton et pain chaud fait-maison. On papote, on papote, les deux pies se sont retrouvées. Un peu plus et on se croirait qu'on s'est quittées la semaine dernière.
Notre première journée à Christchurch est pluvieuse alors on en profite pour établir notre itinéraire de voyage, voir le budget logement, essence, nourriture. Cecile a loué une voiture pour tout son séjour car elle reste au total un peu plus de 3 mois.
Même si on est en été, on abandonne vite l'option camping, car malgré des journées qui peuvent monter jusqu'à 30°C, les nuits sont elles très fraiches.On va donc alterner auberges de jeunesses et couchsurfing chez des hôtes Néo Zelandais.Une fois tout ces petits détails techniques réglés, il est temps de prendre la route. Mais non, j'allais oublier la dernière mission de Cécile : séance coupage de cheveux de Sarah. Et oui après 8 mois, il est vraiment temps de raccourcir tout çà!
En 30 minutes, hop là, et en prime un petit brushing dans les toilettes de l'auberge! Par-fait. C'est bon, on peut prendre la route et se lancer à la découverte du Pays.


Arrêt Lake Tekapo :
Premier arrêt, premier bug dans le planning. L'auberge n'a pas notre réservation et c'est complet. super..., çà promet pour le reste du voyage.On trouve rapidement les deux derniers lits de libre du village. Ouf. On se fait notre première rando du voyage autour du lac. Il est déjà 16h, et on ne croisera pas grand monde sur notre chemin. Le lac a une couleur turquoise, les collines se succèdent dans la vallée qui nous entoure.La fin de journée nous offre une belle palette de couleurs alors on en profite pour lancer les bases d'un projet photo. On se fera un triptique de nous deux à chaque fois dans un paysage grandiose. Mine de rien cela nous réservera des jolis souvenirs sur la route. Enfin vous verrez.De retour de ballade on s'offre un petit plaisir en regardant le soleil se coucher sur le lac : Coca pour Cécile, glace pour Sarah! Bon ok, coca LIGHT pour Cécile...


Arrêt Mont Cook:
Cela restera pour moi un souvenir particulier de ce voyage. Toute la route entre Tekapo et le village d'Aokari en contrebas du Mont nous donne des points de vues à couper le souffle. On se trouve dans cette plaine immense avec lacs et forêts et en toile de fond ces montagnes grises enneigées.On ne peut se lasser d'avoir le nez en l'air. La météo est en notre faveur, le temps est clair et chaud. Après installation rapide à l'auberge, on saute dans nos chaussures et on s'attaque à rando de la "Mueller Hut". Cette ballade est "énergique" (terme de l'office du tourisme), mais la météo est idéale et la vue au sommet apparemment imprenable.Il ne nous en faut pas plus pour nous convaincre. Sur le chemin on croise un groupe de quatre Israeliens avec gros sacs à dos. Ils prévoient de passer la nuit dans la hutte sur la montagne. Quel courage de porter 10 kilos pour la grimpade.Et pour grimper, çà on grimpe. 1 000 mètres de dénivelé : marches, rochers, gravillés... On passe toutes les étapes. On se fait un petit relai avec les Israéliens et un couple d'américains, chacun faisant des pauses ombragées en décallé. On se voit donc à tour de rôle transpirer à grosse goutte.
Mais on tient bon. Après presque 4 heures de montée nous voilà au sommet. En face de nous s'étend la montagne enneigée. Le vent est froid alors on change vite nos tenues trempées de sueur. C'est silencieux, il n'y a que le bruit du vent et de quelques avalanches. On pique nique, fières de notre performance mais surtout en extase devant la beautée du paysage. On fera la descente avec François, un compatriote rencontré sur le chemin.Cela nous prendra bien plus d'une heure et quelques glissades sur les fesses: Sarah 2 - Cécile 1. Inutile de vous dire que ce soir-là on dormira comme des bébés.



Arrêt Oamaru :
On continue à descendre vers le Sud par la côte Est. On s'arrête une nuit chez Peter et Sean qui nous hébergent à Oamaru. Oamaru est une petite bourgade portuaire. Le front de mer y est inaccessible, bloqué par la voie de chemin de fer et le port de marchandise. Totale aberration architecturale pour les deux Bretonnes que nous sommes, plutôt habituées au promenades de la plage... La ville a longtemps prospéré sur le commerce de la laine et du whisky.Il en demeure de nombreuses bâtisses en lightstone (pierre blanche), anciens entrepôts avec ballots de laine.Oamaru est aussi réputée pour ses pingouins! Peter nous accompagnera au coucher du soleil pour aperçevoir quelques petits pingouins rentrer de leur journée de pêche et sautiller sur la plage.
Projet Photo : un aperçu d'un de nos triptyques!









Arrêt Dunedin et Presqu'Ile d'Otago:
On continue notre chemin en s'arrêtant çà et là sur une plage et pique niquer au soleil.La météo nous gâte toujours. Nous arrivons rapidement dans la ville de Dunedin, une des plus grandes agglomérations du Sud. Nous sommes logées à l'extérieur de la ville chez Glen.
Glen travaille et vit dans le village de Portobello sur la Peninsule d'Otago, à 20 minutes de Dunedin. Il travaille dans une ferme qui comprend aussi une réserve pour les pingouins. Il est en charge de s'occuper d'eux.Il vient d'emmenager dans une petite maison. Sa terrasse a une jolie vue sur la presqu'île. Il a une toute jeune colocataire ... Pupy, sa chienne de 9 semaines.
Cécile a des petits soucis avec son appareil photo (et oui, cela n'arrive pas qu'à moi), donc on retourne une journée en ville. Et puis mine de rien, cela fait bien 4 jours que l'on a pas fait de shopping!Un des trésors nationaux se trouve à Dunedin : l'usine de chocolat Canterburry... Glen nous raconte que les commerciaux de l'usine on décider de changer la recette du chocolat il y a 6 mois de cela. En guise de protestation les consommateurs se sont rabattus sur la marque concurrente!Pourquoi changer une recette reconnue depuis des décennies?Glen est le parfait Néo Zélandais, fans de surf et de nature. Il n'a jamais quitté son pays qu'il considère comme magnifique, et il ne souhaite aucunement voyager. Il a même un tatouage des 2 îles sur la jambe.Et dire que les Français sont considérés comme chauvins!On passe notre dernière journée à gambader sur la Péninsule. Autant Quiberon est plat, autant Otago est valonné. Encore une journée ensoleillée et sportive pour les deux marcheuses que nous sommes.

Une semaine déjà de passée. Au programme de la prochaine semaine : on continue notre descente au Sud et après on remonte par la côte Ouest. D'ici là... un peu de patience!