jeudi 26 novembre 2009

Pour ceux qui s'inquiètent ...

Rassurez-vous, la Mouette a été retrouvée saine et sauve après quelques semaines d'absence...
Elle avait été entraînée dans un voyage éprouvant, accrochée au rétroviseur d'un vieux van fatigué.
La chaleur et la poussière du bush n'ont pas eu raison de l'endurance de notre baroudeuse. Heureusement le voyage s'est terminé par un retour sur la côte, l'océan et l'air pur australien! La Mouette respire à nouveau.

Voici les photos des deux suspectes si jamais vous croisez leur chemin.Bande de sans-coeur, va...

mardi 24 novembre 2009

En voiture Simone! Et je roule à gauche!




En tant que Guest du blog de la Baroudeuse, je vais m’essayer au jeu du Conte…

Il était une fois, deux copines qui se sont retrouvées après 5 mois d’absence, à l’autre bout du monde : à l’aéroport de Sydney. Elles avaient toutes les deux de petits yeux, chacune ayant passé la nuit dans les airs ou sur la route. Retrouvailles émouvantes, une pluie de bisous, puis hop le métro pour retrouver l’auberge qui nous accueille pour 2 nuits.

Nous avons profité de Sydney quelques jours entre balades dans les parcs, lèche vitrines, musée d’art contemporain, city loop en bus vers Bondi Beach et ses surfeurs, avant de prendre le bus de nuit vers Melbourne.
Nous y avons récupéré notre nouveau compagnon : j’ai nommé le vieux (ah pardon, il est susceptible) je dirai donc le BRAVE van Mitsubishi SCUBAR. Les consignes de l’agence de location sont claires : check quotidien des niveaux d’eau et huile, pas de conduite de nuit ni de piste, et si on croise un kangourou il faut lui foncer dessus : « Don’t fucking swerve for Kangaroos or you will roll BAD !!! ».

En voiture Simone !

Le road trip a commencé par Philip Island au Sud de Melbourne. Cette petite île a des côtes presque identiques à celles de la Bretagne, à la différence près que moyennant quelques dizaines de dollars (ah, business !) il nous aurait été possible de voir des mini pingouins et des phoques. Nous avons préféré faire le tour de l’île à la rencontre des kangourous libres et anti capitalistes et marcher dans le sable qui grince.

Notre besoin de plus de dépaysement se faisait sentir. Le Nord de l’Etat du Victoria nous l’a offert.
En chemin : Ballarat puis Meldon avec leurs rues et façades dignes de westerns. La pluie de Sydney est vite oubliée, la température dépasse les 40°C. Le van chauffe, nous aussi. La bière et les glaçons rafraîchissent, mais pas autant que l’ancienne mine de quartz de Meldon. L’accent du guide ne me permet pas de tout comprendre, je me contente de buller au frais et d’écouter sa voix monocorde comme si elle sortait d’un vieux poste de radio.

A partir de Swan Hill, notre rythme est rodé.
A cause de la chaleur, nous roulons le matin, puis l’après midi, piscine et repos avant de repartir en fin de journée en profitant des couchers de soleil dans des endroits « so awesome ! » comme le Bush ou les collines de sables travaillées par le vent. De purs moments de contemplation qui nous ont permis de reprendre la route avec le smile.
Mine de rien, nous avons recréé chacune notre petite routine. A tour de rôle mais cependant selon un rituel bien établi : mettre de l’eau à bouillir le matin, trouver des sanitaires potables pour la toilette, trouver de la glace pour les tomates, le fromage et la bière (même contenu de frigo qu’à la maison dis donc), préparation du lit le soir dans le noir pour ne pas attirer nos ennemis les mosquitos puis petit film le soir sur l’ordi quand il est rechargé. Sans omettre notre apport protéinique hebdomadaire, un bon GROS steak (sans frite) comme dirait Thomas Dutronc ; que nous avions plaisir à préparer et à engloutir sur les Barbecues électriques à disposition dans les jardins publics.
Voilà notre quotidien, dans 2m3. Heureusement, je suis là pour ranger ce qu’elle dérange : l’équilibre selon Sarah est là…

Pour en revenir aux piscines municipales, nos fréquentations quasi quotidiennes nous ont permis de devenir des critiques dignes des guides de loisirs : prix, qualité de l’herbe, longueur du bassin, quantité d’espaces ombragés, hygiène des sanitaires… Les notes sont dans l’ensemble très bonnes le winner était la ville de Wentworth !

Ah Wentworth ! Avec sa piscine, sa rue principale avec des pubs, deux stations service et la Poste, sa prison-musée. C’est la 5e ville la plus peuplée de l’Etat de la Nouvelle Galles du Sud avec ses 1500 habitants… Dans le jardin public, je suis tombée sur un panneau qui m’a déconcertée : « Don’t feed the pelicans or you’ll kill them ». Sarah s’est bien moquée de moi… « Quoi ? On ne peut pas leur shooter dedans ??». « Feed, pas feet Emilie !! »… Sans commentaire…

Entre Wentwoth et Renmark, même s’il existe une route nationale, le hasard de la route (ou peut-être est-ce notre interprétation de la map road qui était hasardeuse…) nous a fait traverser 150 km de Bush sur des pistes de sable, de terre ou de gravillons. J’ai enfin trouvé la route en Australie ou je peux rouler où je veux, enfin surtout où je peux… Notre leitmotiv « Je roule à gauche » pour ne pas se tromper, n’avait ici plus lieu d’être. On y a croisé plus de cadavres de moutons et de kangourous que de voitures… La chaleur était étouffante, et une fois la réserve d’eau épuisée, on a fini par sucer des glaçons !

Après notre traversée épique du désert, nous avons longé la rivière Murray vers Adélaïde. Les canyons rouges qui la bordent contrastent avec sa couleur verte. Avec les vastes champs de blé, la palette de couleurs à certaines heures de la journée était vraiment magnifique.

Glenelg, que nous avons ensuite investi quelques jours est la station balnéaire d’Adélaïde. Le long de la côte, le sable est fin, la mer turquoise, et les villas modernes et imposantes.
A Adélaïde, outre le shopping et les balades, nous sommes allées au Central Market, sorte de grand marché alimentaire couvert près du quartier chinois. Sarah avait une envie irrésistible de fromage de chèvre : vœu exaucé !! Dans cette ville, comme à Sydney je suis stupéfaite par le prix des transports en commun. Ce qui me surprend le plus c’est que le prix varie en fonction de la destination. Se tromper d’arrêt c’est se mettre dans l’illégalité et risquer une amende ! Mais l’avantage c’est qu’ils sont tous climatisés. C’est peut-être aussi cher qu’une bière, aussi rafraîchissant mais sûrement pas aussi désaltérant, hein Sarah ?
Le 14 novembre, la parade de Noël est passée dans les rues du centre d’Adélaïde. Le bitume était recouvert de dessins et d’inscriptions « Merry Christmas » à la craie. Les rues sont déjà décorées, les rayons des magasins déjà achalandés de jouets et de guirlandes, et les restos annoncent déjà que la réservation des repas pour le réveillon peut commencer. Cela me surprend, pas seulement parce que je suis en tongues, mais parce que nous ne sommes qu’en novembre !

En retournant vers Melbourne, où nous devons ramener le Van, nous sommes passées par les montagnes des Grampians. La nuit au milieu de la forêt a été rude et courte. Les moustiques nous ont fait lever le camp à 6h00. A cette heure plutôt matinale pour nous, pas de touriste à l’horizon : royal pour profiter des cascades Mc Enzie et de la terrasse de Reid qui domine la Victoria Valley.

Bye Bye old Van SCUBAR !

Après un état des lieux d’1 min 30’ par l’agence et le questionnaire de satisfaction et de suggestions remplis, nous avons rencontré Rob, notre hôte adepte du couch surfing. Il vit dans le quartier de Fitzroy, à l’Est de Melbourne, dans une ancienne Brasserie en briques rouges réhabilitée en logements avec piscine sur le toit. Sarah est rodée avec le couch surfing, et même si je trouve cela très sympathique, ma pratique de l’anglais est durement mise à l’épreuve. Concentration et anticipation sont nécessaires mais bien souvent c’est la frustration de ne pas réussir à dire ce que l’on veut… Tant pis ! C’est une nouvelle expérience !

La dernière étape se termine. Melbourne est une ville très agréable, vivante, avec une architecture moderne très étonnante. Visite de musées, de la prison (déformation professionnelle, je m’excuse !), city loop dans un tramway du début du siècle, shopping, jardins publics et déambulations dans les rues, resto et night club ; voilà comment nous avons fait la découverte de cette ville. Elle plaît à Sarah, elle y reste pour travailler, je crois que c’est un bon choix !

L’article commence à être long, bravo aux courageux. Toutes les bonnes choses ont une fin, je repars dans mon home sweet home heureuse de ce voyage mais surtout heureuse de l’avoir partagé avec Sarah. C’était long 5 mois !

Attention Nicole, Jean-Claude et Alice, je reviens avec des kilos de bisous dans mon sac !

Emilie

dimanche 8 novembre 2009

Bye Bye Cairns, Hello Sydney !



J'aurais passé 10 jours à Cairns. Je pense que j'ai un peu trop traîné avant d'arriver à destination. Au final, cette grosse semaine sera surtout un moyen pour moi de me poser et souffler. Je passe les deux premiers jours dans une auberge en ville. La saison humide se profile, les journées sont rythmées par de violentes averses qui s'arrêtent aussi vite qu'elles ont débuté. On voit à l'horizon les montagnes auréolées de gros nuages. Mais il fait extrêmement doux, alors même s'il pleut, tout le monde se ballade en débardeur. Le vrai climat tropical quoi! Je profite d'être en ville pour faire un peu de shopping, quoi de mieux pour remonter le moral que de passer une heure dans une cabine d'essayage? Les vendeuses sont disponibles car la ville est calme. Les touristes ont fuit l'humidité du Queensland pour la chaleur du Sud.

Cairns est une ville internationale, même si je suspecte que ce que je prends pour le centre ville n'est autre qu'un coin à touristes. Ici sans voiture, on reste près du lagoon (piscine ouverte) et de la marina qui déssert la Barrière de Corail. Tout est fait pour satisfaire les japonais, chinois, allemands, francais... Magasins de souvenirs, magasins de vêtements, Louis Vuitton... Comme j'ai pu le constater à plusieurs reprises auparavant, les "vrais" Australiens eux vivent surtout en périphérie, et ne se rendent que rarement sur le front de mer.

Compréhensible donc que la majorité des touristes ne rencontrent pas de "locaux" durant leur voyage. Même les serveurs dans les pubs sont des étrangers comme moi. Ils travaillent avec un Working Holiday Visa! Je suis donc ravie au bout de deux jours de quitter Cairns pour rejoindre ma nouvelle hôtesse Helpexchange, Seva.

Seva vit à Gordonvale, à 20 km au Sud de Cairns. Après une heure en bus, me voilà rendue dans cette petite bourgade. En sortant du bus une forte odeur sucrée et un peu écoeurante me saute au nez (hihi): Et oui, on dirait que la ville a été construite autour de l'usine locale de canne à sucre. Le pub, le club de tennis, le parc et les commerces sont donc tous à 200m de l'énorme cheminée fumante de l'usine!Le bruit de l'usine couvre celui de la circulation, mais les habitants ne semblent pas plus gênés que çà!
Seva habite dans une petite maison en bois qu'elle rénove seule depuis maintenant 4 ans. Un vrai coin de paradis, la maison est entourée d'un jardin regorgeant de fleurs tropicales. Il y a des portes de tous les côtés, j'apprendrais plus tard que cela facilite l'aération en été. Ici on cherche les courants d'airs, pas comme en Bretagne où on les fuit! Donc il y a toujours une petite brise bien agréable et le soir on entend les petits cris des geikos (salamandres) qui se balladent au plafond...

Seva est professeur d'art plastique dans un collège et peint aussi ses propres peintures. Elle a beaucoup voyagé en Inde et en Europe. Les photos de ses 5 enfants se succèdent sur les étagères à côté de ses statuettes de Buddha et autres bibelots ou grigris indous. Je me sens tout de suite chez moi, il n'y a pas à dire, les maisons en bois, on ne fait rien de mieux!!

Seva est à l'école pendant la journée et durant mes missions de jardinage je sympathise avec les voisins de l'autre côté de la barrière, Steeve et David. Steeve est de Brisbane mais souhaite s'installer sur Cairns. Donc en attendant de trouver du travail, il a installé sa caravane dans le jardin de David. On se fera quelques après-midi ballade dans les environs ensemble (il a un super 4X4 turquoise!).La semaine passera finalement très rapidement.

Le dimanche j'annonce à Seva que je grimperais bien la Walshs Pyramid, grande montagne qui surplombe la vallée de Gordonvale. J'aurais peut-être dû me renseigner avant... Au début du chemin, un panneau annonce que la randonnée est de niveau difficile et prend en moyenne 5-6 heures. Trop tard pour reculer, alors c'est parti! Je mettrai au final 3 heures : 2 pour monter et une pour descendre.J'ai eu envie d'abandonner à plusieurs reprises mais la ténacité aura payé : le panorama est à couper le souffle. Petit clien d'oeil : deux randonneurs rencontrés au sommet me demandent d'où je viens. Je leur raconte mon "parcours", il se trouvent qu'ils travaillent pour Louis Vuitton à Cairns et l'un d'eux a séjourné au Westin Paris il y a quelques années. Il devait certainement faire parti d'un des groupes Louis Vuitton dont je me suis chargée à l'époque! Le monde est petit, tout petit.

Avant mon départ je m'accorde une croisière sur la Barrière de Corail. Après une journée de plongée à admirer les poissons, tortues et coraux, je réalise que j'ai attrapé des coups de soleil sous l'eau: jolie la marque de bronzage de la combinaison !
Mais il est temps pour moi de quitter l'Etat du Queensland. Je prends l'avion pour re-descendre à Brisbane. Je retrouve Patrick pour le week end. Il a besoin d'un coup de main samedi pour réparer l'escalier extérieur de la maison d'un ami.Je deviendrai donc son apprenti pendant une matinée, à couper, poncer et peindre les marches. Surprise à la fin du travail, Patrick me donne mon argent de poche ! Parfait pour organiser un petit barbecue improvisé chez Wade dans sa maison au bord de la plage.Ces messieurs rigoleront bien quand je leur raconte mes aventures de ces derniers mois.

Le lundi suivant, j'attrape le bus qui me conduit à Sydney ... en 18h ! C'est çà quand on veut absolument faire des économies! J'arrive à Sydney un jour particulier : le 2e mardi de novembre a lieu la Melbourne Cup, plus grosse course hippique du pays. Tout le monde vit au rythme des pronostics depuis 10 jours maintenant. Même le Premier ministre a donné son avis!

Il fait beau et chaud et cela me fait bizarre de me retrouver à l'aéroport de Sydney plus de 4 mois après mon arrivée. Emilie atterrit à 07h20. Je regarde anxieusement les passagers à la sortie B du Terminal... Et si la douane trouvait les paquets de gâteaux commandés à maman ? Et s'ils détectait la bouteille de Champagne précieusement emballée par Emilie?Le temps passe, le temps passe et voilà que j'aperçois la frimousse familière. Cheveux bouclés fraichement coupés et jolies lunettes roses devant des yeux biens fatigués après 20 h de vol. C'est bien ma Milouse, elle sera chargée de redistribuer tous les bisous que je lui ai fait à la famille et les amis. En route maintenant !